Pourquoi faire un plan de naissance? (également appelé projet de naissance)
La plupart des femmes, dans la France d’aujourd’hui, accouchent en milieu hospitalier.
Les établissements ont chacun leur protocole, leurs habitudes, parfois leurs dogmes bien ancrés.
Le suivi est rarement effectué par une seule et même personne, et quand c’est le cas, ce n’est
pas forcément elle qui assistera à l’accouchement.
Quand une femme accouche, même quand ce n’est pas la première fois, même quand elle est bien entourée, elle est souvent vulnérable, elle craint souvent que quelque chose se passe mal, elle a envie de faire confiance à ceux qui sont autour d’elle, parfois elle est même tentée de leur faire confiance plus qu’à elle-même. Le discours du personnel soignant l’encourage d’ailleurs la plupart du temps en ce sens.
Et parfois – souvent? – cette confiance et trahie.
La femme accouche, certes. Le bébé naît. Le contrat est rempli.
Mais il reste un goût amer.
Qui disparaîtra après quelques heures/jours de découverte émerveillée, ou après le retour à la maison et la dissipation des souvenirs et sensations pénibles.
Ou pas.
Parfois ces blessures, légères ou profondes, ne cicatrisent jamais.
Parfois le fait de n’avoir pas vécu ce bouleversement physique et émotionnel de façon satisfaisante laisse des traces indélébiles. Dans le coeur d’une mère, dans la vie d’un couple, dans l’histoire intime d’un enfant, d’une famille toute entière.
Faire un plan de naissance, ce n’est pas se garantir l’accouchement dont on a rêvé. Toutes celles qui ont déjà accouché savent que les choses se passent rarement exactement comme on les avait imaginées, la mise au monde est une terre inconnue à chaque fois, et toute l’expérience de l’univers ne permettra jamais d’en anticiper les étapes.
Mais faire un plan de naissance, c’est revendiquer le droit d’être actrice de son accouchement, plutôt que de le subir, une revendication écrite, impossible à ignorer.
C’est une occasion d’aborder avec l’équipe médicale, avant le jour J, des points précis du protocole, d’exprimer d’éventuels désaccords, de réclamer des aménagements.
Une façon aussi, en ayant ce document dans son sac, au moment de l’accouchement, de savoir que même si la douleur, l’inquiétude ou la fatigue vous empêchent d’exprimer clairement vos souhaits, les mots sont là, prêts à être redits par la personne qui vous accompagne: vos mots, vos choix.
Mon plan de naissance est très court, très simple, en grande partie parce que j’ai choisi d’accoucher aux Bluets, une maternité dont le protocole habituel est déjà très proche de ma conception d’un accouchement respectueux.
Les sages-femmes qui y travaillent recommandent pourtant souvent aux futures mamans de rédiger leur plan de naissance, pour elles-mêmes d’abord, mais aussi pour les imprévus: accouchement ailleurs, présence de personnel intérimaire non rompu aux habitudes du lieu, etc…
On peut en trouver des exemples plus étoffés sur le net, assez facilement, mais j’ai quand même envie de laisser ici une trace du mien:
Pour la naissance de mon fils, j’aimerais que mes souhaits, exprimés dans ce plan de naissance, soient respectés en priorité, sauf en cas de nécessité
médicale impérieuse (danger réel pour ma santé ou celle de mon bébé).Dans cette éventualité, je souhaite qu’on m’explique la situation, (même succintement, si urgence il y a), et que l’on m’informe clairement des choix
possibles et de leurs conséquences. Si mon état ne le permet pas, je souhaite que l’équipe médicale s’adresse, dans les mêmes termes, au père de mon bébé.-je ne souhaite pas que l’on me pose une voie sur la main ou au pli du coude en prévision d’une éventuelle injection (je préfère qu’on la pose le moment venu, s’il vient)
-je ne souhaite pas bénéficier d’injections de Syntocinon pour intensifier les contractions
-je souhaite pouvoir adopter n’importe quelle position pendant le travail, même si cela implique des interruptions de monitorings prévus par le protocole
-je ne souhaite pas qu’on pratique de rupture artificielle de la poche des eaux
-je souhaite conserver mes vêtements pendant le travail aussi longtemps que j’en aurais envie
-je souhaite que les lumières soient tamisées (et le bruit limité) au moment de la sortie de mon bébé
-je souhaite qu’on attende que son cordon ait cessé de battre pour le couper
-je souhaite le garder sur moi aussi longtemps qu’il me semblera nécessaire, et le mettre au sein aussi longtemps qu’il en aura envie
-s’il est nécessaire de m’en séparer pour un soin urgent qui ne pourrait pas être prodigué en le laissant sur moi, je souhaite qu’il soit dans les bras de son père
-je souhaite qu’on me laisse attendre le plus longtemps possible la délivrance du placenta, et qu’on évite la révision manuelle
-si le déroulement de mon accouchement implique une césarienne en urgence, je souhaite être accompagnée pendant l’intervention par le père du bébé,qui le
gardera dans ses bras, en peau à peau, dès sa sortie et jusqu’à la fin des soins dont je devrai bénéficier
-d’une façon générale, je souhaite que les personnes qui seront présentes aux divers moments de mon accouchement prennent le temps de m’expliquer leur rôle, et de s’assurer que je consens aux gestes qu’elles envisagent de pratiquer.Je veux finir en remerciant à l’avance le personnel soignant de l’attention qu’il aura accordé à ce plan de naissance, et plus généralement, du respect et de
l’écoute qu’il ne manquera pas de témoigner à mon égard, comme cela a été le cas pendant le suivi de ma grossesse.
Voilà,
A part ça j’ai fait ma valise aujourd’hui,il manque encore quelques trucs, mais ça commence à se préciser!
Et puis je nidifie un max, j’ai même étendu une lessive, ce qui ne m’arrive jamais.
Serait-ce pour bientôt? Les commères de mon voisinage n’en doutent pas, il paraît que ça se voit à mon ventre.
Moi, j’attends des preuves tangibles, je sais que les bébés sont farceurs!
Au plaisir de vous lire,



6 commentaires
tu as bien fait de rediger ce projet de naissance… On devrait toutes en faire un, et ce meme en cas d’AAD, pour poser les choses entre nous et les soignants. Surtout que depuis ton dernier accouchement, les Bluets ont déménagé… LEs sf font ce qu’elles peuvent, mais très honnetement, ce n’est plus DU TOUT pareil…
Alors, autant mettre tous les atouts de ton coté…
Oui, j’ai remarqué la différence d’ambiance et de rythme, même si le personnel est majoritairement inchangé et la philosophie identique, de leur propre aveu, ce n’est plus comme avant.
Sinon, cette nuit, j’ai eu une fausse alerte, et j’ai vraiment cru que j’allais accoucher dans ma propre baignoire, c’était rigolo…
pourquoi l’obstétrique dans une clinique ? l’hôpital public n’est pas plus sécurisant ?
@Jorge: les Bluets ne sont pas une clinique privée, mais une maternité associative, financée à l’origine par le syndicat des métallurgistes, et associée depuis des années à l’APHP. Elle est aujourd’hui intégrée au “pôle de périnatalité” de l’hôpital public Armand Trousseau.
Ceci posé, mon expérience et celle de mes proches, ainsi que les données statistiques que j’ai eu l’occasion de consulter ne m’incitent pas à trouver l’hôpital public plus “sécurisant” que les cliniques, les maisons de naissance, les dispensaires de brousse ou les accouchements à domicile. Le sentiment de sécurité relève pour moi d’autres critères, parfois remplis en hôpital public, parfois pas.
C’est très souvent dans les grands hôpitaux “usines à bébés” que les femmes vivent les moments éprouvants que j’évoque brièvement dans ma notule, et je suis convaincue qu’une femme qui bénéficie de l’écoute, de la confiance et du respect des soignants aura toujours de meilleurs soins, au final, qu’une patiente réduite à la passivité.
Je n’avais pas envisager écrire un projet de naissance (pour un éventuel troisième) … Dans la maternité ou j’ai accouché de mes deux filles, ils sont très ouvert et te demande d’être plus actrice que spectatrice, c’est donc une chance pour nous …
Cependant un plan de naissance est plus clair et permet certainement de mieux cerner ses envies d’accouchement.
Merci de nous faire partager tout cela
anéfé Nessie, rétrospectivement, avec l’accouchement que j’ai eu (voir notule du 7 juillet) je ne peux qu’enfoncer le clou: où que l’on ait prévu d”accoucher, le plan de naissance n’est jamais un luxe inutile!