En direct du Piano à Cocktails

En voyant l’image que j’ai choisie pour illustrer ma notule de ce soir, le lecteur avisé pourra en déduire plusieurs faits, selon sa sagacité (et son degré d’ebriété, je n’oublie pas qu’on est samedi soir, que la saison des apéros à rallonge  a commencé, et que là-bas, dehors, des gens continuent à avoir une vie sociale, laquelle implique parfois la consommation répétée de mojitos, caïpirinhas, vodkas-fraise et autres rafraîchissements dont j’ai presque oublié la saveur).

Le visiteur assidu de La Sandale aura compris que ce n’est pas la peine qu’il aille relire la notule d’hier à la recherche des meilleurs clichés promis: je n’ai pas ressorti le bon appareil, mes photos sont toujours aussi pourries.

La ménagère de moins de 50 ans – et son pendant masculin “le nouveau père”- auront reconnu le paquet de feutres vu en promo au supermarché du coin, et pourront se gausser de moi, qui ai déboursé deux euros pour ce truc (à moins qu’ils n’aient eux aussi commis le même impair, avec ce modèle, ou la version Spiderman ou Winnie, selon les affinités électives de leur progéniture).

Les plus brillants d’entre vous ne manqueront pas de noter que le paquet est presque vide, plutôt mal en point, et qu’on y devine un ou deux feutres abandonnés… Ils en tireront peut-être la conclusion que quelque chose ne va pas. Surtout s’ils savent que ça ne fait pas si longtemps que la Princesse Chat a développé, bien malgré nous, une passion immodérée pour la gent princière, et que cet achat est donc relativement récent.

Et ils auront bien raison.

Les feutres étaient vendus pas cher, certes… mais ils étaient vendus secs.

Les couleurs sombres à usage unique, les couleurs claires carrément invisibles. Des feutres d’occasion, en somme.

Bien sûr, j’ai paumé le ticket, donc je ne vais pas vous raconter de folles aventures avec le service après vente de Carrefour, mais plutôt profiter de l’occasion pour vous donner une recette bien utile pour se donner bonne conscience quand on a laissé ses enfants négliger leur matériel et que des feutres sont morts prématurément (ou bien qu’on les a achetés déjà morts et qu’on a perdu le ticket, mais c’est quand même plus rare).

Il s’agit donc de prélever les entrailles du feutre (en général en le décapitant par le culot) et de les mettre dans un petit récipient (j’ai utilisé des flacons, mais des petits pots pour bébé font parfaitement l’affaire) avec de l’eau.

Il est préférable de mettre plusieurs “squelettes” par pot, afin d’obtenir des couleurs soutenues (bien sûr, mettre ensemble les couleurs proches, sinon y’aura que du marron moche).

Le lendemain, on a des petits pots d’encre claire, qui ne tache pas (et qui n’a rien coûté) pour les oeuvres d’art de l’ingrate progéniture.

Et comme je sais que vous n’avez pas tous l’usage d’une telle astuce (soit que vous n’ayez pas d’enfants, soit que vous les éleviez dans un tel respect du matériel qu’ils usent leurs feutres jusqu’à la corde), je complète cette notule liquide avec une recette qui ne doit rien aux feutres, mais qui est digne des princesses sus-citées: ma version de la soupe Champenoise (merci à la précieuse Sophie qui me l’a fait connaître).

Dans un grand saladier, verser des glaçons, et poser par dessus un plus petit saladier.

Dans le petit saladier, vider doucement une bouteille de champagne, un verre de Pulco citron, un verre de sucre de canne, et deux verres d’eau pétillante, goûter pour ajuster à votre goût, décorer avec de fines rondelles de citron, servir à la louche.

Je précise que la recette originale est dosée différemment, de plus il n’y a pas d’eau pétillante, et on y ajoute du Cointreau, ce qui en fait un apéro très adapté pour les fêtes de fin d’année. Ma version est plus un rafraîchissement pour les premiers barbecues et pique-niques des beaux jours.

Ce qui ne m’a pas empêchée de la tester aussi à  Noël, pour le plus grand plaisir des convives, à commencer par mon jeune frère, qui a fini la tête dans le saladier.

N’hésitez pas à partager vos meilleures recettes de rafraîchissements, ça me fera rêver, en attendant la fin de l’abstinence*… 

Au plaisir de vous lire,

*l’abus d’alcool, comme la plupart des abus, est dangereux pour la santé, consommez-le avec modération.

6 commentaires

  1. Publié le 1 juin 2008 à 6:57 | Permalien

    Oui mais une fois que tu as récupéré l’encre dans les fioloes, les enfants la réutilise comment? avec un pinceau? ou tu la mets dans la soupe champenoise? (pour la couleur biensur)

    Chez nous pas de feutres, uniquement des craies grasses qui ne tachent pas ;-)

  2. Publié le 1 juin 2008 à 8:10 | Permalien

    Pas de feutres encore à la maison mais la soupe au Champagne et Cointreau on a testé au jour de l’an. Très efficace! Et délicieux! ;-)

  3. Publié le 1 juin 2008 à 8:12 | Permalien

    Ton titre c’est une allusion à l’écume des jours?

  4. Mah-Yu
    Publié le 1 juin 2008 à 13:32 | Permalien

    @MaO: anéfé, au pinceau ou au coton tige, sur du bristol blanc (ou de simple feuilles blanches, les jours de grande confiance…)

    @Pivoine: mon regard a télescopé la fin du comm de MaO et le tien, du coup j’ai cru un instant que tu parlais des craies grasses (”efficace et délicieux)… Faut dire que ma fille cadette les adore, elle les mange réellement.

    Oui, le piano à cocktail, Boris Vian, tu m’as grillée: j’avais commencé ma notule en causant de l’écume des jours, et j’ai encore tout effacé par erreur (je suis une quiche) du coup j’ai quand même gardé le titre.

  5. Publié le 1 juin 2008 à 19:29 | Permalien

    Les craies grasses qui ne tachent pas, MaO ?… ici, elles tachent, elle s’émiettent, roulent et font mal quand on en rencontre une de la plante du pied nu… on les a donc bannies, à part les verison crayola avec entourage plastique rigide et culot dévisseur pour fire sortir la mine, là, chapeau…

    Bref, en matière de rafraichissement, et sans alcool siouplaît, je peux ramener mon jus de gingembre à l’ananas, frais, tonique et délicieusement piquant… ça intéresse quelqu’un ?…

  6. Mah-Yu
    Publié le 6 juin 2008 à 23:02 | Permalien

    @Dnadryad: c malin, maintenant, j’ai soif…

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