Et non, en cette veille de départ en vacances, je ne vous cause toujours pas pompe à essence, diesel ou barils de brut.
Je ne reviens pas, non plus, sur l’utilité d’aller donner son sang, on en a parlé ICI.
Ce soir je cause débit, flux, loi de l’offre et de la demande, fluctuations du marché, stocks flottants.
Ne partez pas tout de suite, ça va causer nichons aussi.
Ah vous êtes pas branchés nichons? (c’est vrai que les lecteurs mâles ne se bousculent pas au portillon sur La Sandale…)
ça va parler Bébé aussi, vous préférez?
Bref.
Combien de femmes, dans mon entourage, dans le vôtre aussi sans doute, toutes générations confondues, disent-elles avoir allaité à peu près un mois et demi, ou trois mois, et avoir du arrêter ensuite parce qu’elles “n’avaient plus assez de lait”, ou parce que leur lait “n’était pas assez nourrissant pour le bébé”?
Personnellement, je ne les compte plus.
Toutes ces femmes ont été victime d’un simple manque d’information.
Personne ne leur a dit que leur bébé faisait un “pic de croissance”, qu’il réclamait tout à coup davantage, et plus souvent (cessant parfois de faire ses nuits, s’il avait commencé à les faire) afin d’ajuster la production lactée à ses nouveaux besoins, forcément de plus en plus importants.
Voyant leur enfant constamment affamé, la bouche déformée par la recherche du sein, elles ont douté de leur capacité à le nourrir, et ont donné un, puis deux, puis trois biberons de complément, rassasiant ainsi le téteur qui, du coup, cessait de surstimuler les glandes mammaires, provoquant à plus ou moins long terme un sevrage prématuré.
Cette information, aujourd’hui encore, beaucoup de médecins et autres professionnels de santé ne prennent pas la peine de la relayer (à supposer qu’ils aient pris la peine de s’informer aux-mêmes en premier lieu), faut dire que c’est si simple de conseiller de donner des biberons de supplément.
Ces jours ci, je manque de temps pour tout, et ça tombe mal parce qu’en plus de mes activités habituelles, j’ai des valises à préparer pour un départ plus qu’imminent.
Je manque de temps parce que mon fils réclame à téter toutes les heures, et que je lui donne.
Ce fut d’abord à cause de la chaleur (rappelons que les bébés allaités tètent pour se nourrir ET s’hydrater) puis est arrivé le pic de croissance.
J’accepte cet esclavage de quelques jours, parce que je sais qu’il est le prix de ma sérénité à venir, et si je conçois qu’on puisse le refuser, je trouve dommage qu’on laisse des mères motivées stopper une relation d’allaitement satisfaisante, juste parce que personne ne leur a dit que ce qui se passe est normal, et surtout, passager.
Les pics de croissance les plus courants se produisent toujours plus ou moins aux mêmes périodes, avec une marge variable, bien entendu, comme pour tout ce qui touche aux humains, alors si vous êtes concernée, et que votre main tremble au moment de percer l’opercule de la première boîte de lait artificiel, je ne saurais trop vous conseiller de consulter d’abord des spécialistes, par exemple à la Ligue La Leche, ou ma préférée, Julie, sur Maternéo, qui répond gratuitement, par mail, à vos questions les plus urgentes.
Tout ça pour dire que si je suis moins assidue en ces pages, ce n’est pas parce que je n’ai plus la motivation, mais bien parce que mes bras (façon pudique de dire “mes roberts” vous l’aurez compris) sont mis à contribution bien plus que de raison.
Au fait saviez vous pourquoi on dit (enfin, on disait… il semblerait que cela soit un peu passé de mode) “des roberts” pour parler des glandes mammaires féminines?
C’était tout simplement une marque de biberons.
Robert, la meilleure façon de mettre tout le monde d’accord, nénéphiles comme bibophages!
Au plaisir de vous lire,



4 commentaires
Merci Mah-Yu pour ces articles d’utilité publique!
Nullipare de 27 ans, j’ai dans un coin de ma tete des projets de bb, et des articles tels que le tien montrent qu’il y aura des personnes pour m’informer si j’ai ai besoin…
Courage, chère Mah-Yu, je compatis, pour avoir connu des pics de croissance de 3 jours entiers, voire 4 petits. Mais t’as raison, c’est le prix de la sérénité. Bises
Bonjour,
Je suis arrivée chez toi il y a peu et je me suis bien promenée déjà de billet en billet. Je me retrouve vraiment dans tes préoccupations et dans ta façon de voir et parler de la vie.
Je reviendrai souvent. Merci beaucoup pour cet espace de réflexions et à bientôt,
Cécile
@Sophie202: tu mets le doigt sur quelque chose d’essentiel, les sites internets, les forums, les blogs tournés vers la maternité doivent précisément leur succès, à mon sens, au délitement d’une certaine solidarité sociale et familiale autour de ces thèmes.
@MémèreCendrillon:merci, depuis notre retour, le poussin a fait deux vraies nuits, et semble téter davantage la journée que la nuit… on va y arriver!
@Cécile: merci de ton passage, et de ce premier message qui me flatte, à bientôt donc!