Il y a deux ans exactement, j’étais prof dans un CM2.
Le 22 juin, j’ai décidé de consacrer la deuxième moitié de l’après-midi à une information débat sur le don d’organes.
Ce n’était pas la première fois que j’abordais le sujet dans une classe, y compris avec des enfants un peu plus jeunes, mais c’était la première fois que c’était prémédité, préparé, encadré, et mené à bien précisément pour la “journée nationale du don d’organes et de la greffe”.
Ce moment partagé avec mes élèves a été un des plus forts de ma courte carrière d’enseignante.
Ils étaient passionnés par le sujet, et après les quelques minutes de grimaces dégoûtées et de plaisanteries douteuses, toutes les questions et réflexions furent pertinentes, même les digressions s’avérant riches d’enseignements.
Je suis toujours étonnée de voir à quel point les enfants comprennent vite que la mort fait partie de la vie.
Pour en revenir au sujet du jour, je pense qu’il y a une foule de bonnes raisons de ne pas donner ses organes post mortem, mais il n’en existe à mon sens qu’une seule mauvaise: avoir laissé cette décision à d’autres.
C’est ce message que j’ai voulu faire passer à mes élèves, et nombreux sont ceux qui, le soir même, en parlaient avec leurs parents.
Ils auront toute la vie pour se forger une opinion sur le sujet, changer d’avis plusieurs fois, être convaincus ou douter un peu, mais l’important, c’est d’en parler sans tabous, de dire les choses sans détour.
Pour ma part, je n’ai jamais pris la peine de commander ma carte de donneur.
Mais depuis mon adolescence, j’ai dans mon portefeuille un papier manuscrit, que je réactualise de temps en temps, et qui demande à mon entourage de “ne pas s’opposer au prélèvement de mes organes vitaux en vue de greffes, si les circonstances de mon décès le permettent”.
Car au bout du compte, carte ou pas carte, c’est toujours la volonté des vivants qui prime, et non celle du mort, aussi clair qu’ait été son choix.
Alors profitons du fait que nous sommes vivants pour faire connaître le nôtre, afin que cela devienne une démarche banale, que tout le monde sache quoi faire, le moment venu, plutôt que de refuser “dans le doute”.
J’espère vous avoir convaincus, non pas nécessairement de faire le choix de donner vos organes, mais bien de vous poser la question, et de faire connaître votre réponse à vos proches.
En effet, je pense qu’un choix clairement exprimé, y compris s’il s’agit d’un refus, est le seul moyen de faire avancer une situation pour le moment bloquée, avec des listes d’attente qui s’allongent et un nombre d’organes prélevables qui stagne.
Si le sujet vous inspire, allez en lire davantage sur http://www.dondorganes.fr/ par exemple, et surtout, parlez-en autour de vous.
Au plaisir de vous lire,



5 commentaires
Bonne idée ce rappel. Ici je suis la seule à avoir clairement exprimé mes souhaits post-mortem, ma famille (au sens large) est au courant et je souhaite qu’elle respecte mes voeux… Mais je ne saurais quoi décider pour les membres de ma famille n’ayant pas posé leur volonté…
Ma décision est prise depuis longtemps, annoncée à tous, et la carte en portant mention est dans mon portefeuille… je crois connaître l’opinion de plusieurs proches à ce sujet, mais du coup j’ai comme un manque de certitude, alors je reposerai la question…
je n’ai pasde carte non plus, mais à chaque fois qu’on entend parler de dons d’organe à la télé ou ailleurs, comme, tiens, hier justement, je reprécise à l’homme que si je me meurs, je donnerai tout, et qu’on m’incinère après si possible…
Mes parents sont au courant aussi.
Pas mal l’idée du petit papier…
Anéfé c’est finalement bien plus facile de formuler son propre choix que de connaître le choix de ses proches, s’ils n’en parlent pas spontanément, c’est pour ça que la communication est importante.
J’ai travaillé avec le professeur Didier H. (je respecte son anonymat) lorsqu’il dirigeait l’Etablissement français des greffes car la région LR était celle qui recueillait le moins de dons de toute la France. Expérience passionnante de convaincre les hôpitaux de s’organiser au recueil du consentement. Mais laborieuse aussi.