Sur la Sandale, le silence est le plus souvent le fait de la pente naturelle qui me pousse à procrastiner, parfois aussi un signe de flemme, plus rarement de surmenage ou de mauvaise organisation, occasionnellement de virus s’attaquant aux enfants ou de malchances s’attaquant à ma propre intégrité corporelle.
Plus rarement, la Sandale affiche page blanche parce que j’ai le blues.
La mosaïque du jour ne doit rien à mes talents de photographe, et la couleur de cette semaine pour le challenge photo d’Armalite me sert une nouvelle fois de prétexte pour parler d’autre chose.
Ceux qui me lisent régulièrement savent que mon coeur est à gauche, voire, sur certains sujets, TRES à gauche. Et même si la politique n’est pas mon terrain de jeu quotidien, j’aime l’idée de l’engagement citoyen, et m’encarterais volontiers si je trouvais une couleur qui me convienne.
Comme beaucoup de Français, avec une élection majeure qui se profile, j’observe nerveusement les personalités du monde politique s’agiter un peu comme des pantins sur la scène médiatique, en essayant de prendre du recul sans perdre de l’espoir.
Et c’est dur.
Mon blues, aujourd’hui, vient d’un constat amer.
J’ai dit que mon coeur était à gauche, mais je ne me reconnais pas dans la gauche, qui ne sert plus aucune cause.
Et si soudain je virais de bord, qu’on arrivait à me convaincre que c’est à droite que se trouve le bon sens social et économique, je ne parviendrais pourtant pas à donner ma voix à l’un ou l’autre de ses porte-paroles, justement à cause de la parole qu’ils portent, qui s’adresse bien moins au citoyen qu’aux peurs les moins nobles tapies en chacun de nous, au matérialisme et à la haine alimentés par l’ignorance et l’envie.
Alors en prenant du recul, en faisant abstraction de mes convictions, de ma culture, de l’Histoire, j’ai allumé la télévision.
Parmi tous ceux qui se présentent au peuple pour prendre sa tête et le guider dans un avenir dont on nous martèle qu’il pourrait fort bien être sombre et plein de dangers, je n’ai entendu qu’une voix claire, une seule qui, bien inspirée ou bien conseillée, parvenait à donner l’impression de savoir ou elle va et de vouloir le bien de la France.
Le problème, c’est que c’était celle de la candidate du Front National.
Si, MOI, j’ai entendu ça, je n’ose imaginer ce que ça va donner à l’échelle du pays, et surtout devant les urnes.
Je sais bien que changer de chaîne et mettre Master Chef ne fera pas disparaître ce malaise, et que me taire ne rendra pas le monde meilleur. Mais écrire non plus, hélas.
Voilà pourquoi j’ai le blues, et du mal à parler d’autre chose.
ça fout la trouille, hein?
Je suis rouge, du genre de rouge qui tire sur le noir, et pourtant, j’ai déjà eu ce même sentiment. Et même, j’ai voté pour son papa un certain deuxième tour (parce que je ne supporte pas qu’”on” me dise pour qui je dois voter)
Depuis les dernières élections, j’ai décidé de ne plus voter…
Je suis comme toi, coeur viscéralement à gauche mais ne reconnaissant mes valeurs chez aucun candidat et aucun parti. Peut-être les Verts, et encore. Je me demande avec angoisse comment je vais voter pour ces prochaines élections: pour celui ou celle qui sera le moins éloigné de mes idées, au risque de reproduire la cata de 2002? Ou faire encore un vote utile gerbant, comme en 2007? Je suis dégoûtée de la politique, mais s’en laver les mains ne me semble pas non plus une solution…
Quand j’étais jeune (et conne) et que je trouvais mon pays poussiéreux, lent, immobile et con (ce qui m’arrive encore finalement), je rêvais d’être née de l’autre côté de la frontière, là où je partais en vacances chaque été et où les garçons étaient si mignons (parce que oui, les garçons sont TOUJOURS plus mignons en vacances qu’à l’école, mais je m’égare), je trouvais surtout que le peu que je comprenais sur la manière dont ça se passé “à côté”, ben c’était plus simple, au moins tu votais pour quelqu’un.
Ensuite, quand j’ai vraiment eu mon mot à dire, je me suis rendue compte que le système politique suisse n’était pas si mal.
Et plus j’avance en âge (et plus je vois d’élections françaises), plus je suis ravie de ne devoir jamais voter pour un individu qui déciderait pour tout un pays. Je ne comprends pas ce système et je ne comprends pas qu’on puisse le qualifier de “démocratie”. D’accord, “le peuple a parlé” mais il faudrait pratiquement faire une élection chaque semaine si on voulait vraiment écouter “le peuple”.
Bref. Gauche ou droite, je trouve surtout que le fait de voter pour un individu pour 5 ans qui va décider de tout est absurde. Mais si ça DOIT être le cas, ok, à gauche alors… et encore une fois, parmi tous vos candidats, argl, je serais bien en mal de choisir.
Hum quand même, ce n’est pas le président qui décide de tout! Au jour le jour, le pays est géré par les ministres qu’il a nommés (et qu’il peut révoquer, certes), et les lois sont adoptées ou pas par le Parlement, où siègent des élus de tous les partis (dans des proportions diverses). Le président de la République est, en fait, surtout notre représentant à l’étranger…
argh je manque de temps (comme d’hab’) pour répondre correctement mais je vais essayer…
Je comprend au combien ton blues, une émission radio une voix forte et claire défendant des valeurs oh combien chères à mon coeur, maintient du service public, soutient à l’enseignement, égalité des chances devant l’accès aux soins, impots justes,…
Quand j’ai enfin eu le nom le d’invitée… C’était Marine Le Pen, Quel choc!!
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Sur la Sandale, le silence est le plus souvent le fait de la pente naturelle qui me pousse à procrastiner, parfois aussi un signe de flemme, plus rarement de surmenage ou de mauvaise organisation, occasionnellement de virus s’attaquant aux enfants ou de malchances s’attaquant à ma propre intégrité corporelle.
Plus rarement, la Sandale affiche page blanche parce que j’ai le blues.
La mosaïque du jour ne doit rien à mes talents de photographe, et la couleur de cette semaine pour le challenge photo d’Armalite me sert une nouvelle fois de prétexte pour parler d’autre chose.
Ceux qui me lisent régulièrement savent que mon coeur est à gauche, voire, sur certains sujets, TRES à gauche. Et même si la politique n’est pas mon terrain de jeu quotidien, j’aime l’idée de l’engagement citoyen, et m’encarterais volontiers si je trouvais une couleur qui me convienne.
Comme beaucoup de Français, avec une élection majeure qui se profile, j’observe nerveusement les personalités du monde politique s’agiter un peu comme des pantins sur la scène médiatique, en essayant de prendre du recul sans perdre de l’espoir.
Et c’est dur.
Mon blues, aujourd’hui, vient d’un constat amer.
J’ai dit que mon coeur était à gauche, mais je ne me reconnais pas dans la gauche, qui ne sert plus aucune cause.
Et si soudain je virais de bord, qu’on arrivait à me convaincre que c’est à droite que se trouve le bon sens social et économique, je ne parviendrais pourtant pas à donner ma voix à l’un ou l’autre de ses porte-paroles, justement à cause de la parole qu’ils portent, qui s’adresse bien moins au citoyen qu’aux peurs les moins nobles tapies en chacun de nous, au matérialisme et à la haine alimentés par l’ignorance et l’envie.
Alors en prenant du recul, en faisant abstraction de mes convictions, de ma culture, de l’Histoire, j’ai allumé la télévision.
Parmi tous ceux qui se présentent au peuple pour prendre sa tête et le guider dans un avenir dont on nous martèle qu’il pourrait fort bien être sombre et plein de dangers, je n’ai entendu qu’une voix claire, une seule qui, bien inspirée ou bien conseillée, parvenait à donner l’impression de savoir ou elle va et de vouloir le bien de la France.
Le problème, c’est que c’était celle de la candidate du Front National.
Si, MOI, j’ai entendu ça, je n’ose imaginer ce que ça va donner à l’échelle du pays, et surtout devant les urnes.
Je sais bien que changer de chaîne et mettre Master Chef ne fera pas disparaître ce malaise, et que me taire ne rendra pas le monde meilleur. Mais écrire non plus, hélas.
Voilà pourquoi j’ai le blues, et du mal à parler d’autre chose.
Au plaisir de vous lire, quand même.
Mah-Yu, (encore une blogueuse apolitique de gauche)
ça fout la trouille, hein?
Je suis rouge, du genre de rouge qui tire sur le noir, et pourtant, j’ai déjà eu ce même sentiment. Et même, j’ai voté pour son papa un certain deuxième tour (parce que je ne supporte pas qu’”on” me dise pour qui je dois voter)
Depuis les dernières élections, j’ai décidé de ne plus voter…
Je suis comme toi, coeur viscéralement à gauche mais ne reconnaissant mes valeurs chez aucun candidat et aucun parti. Peut-être les Verts, et encore. Je me demande avec angoisse comment je vais voter pour ces prochaines élections: pour celui ou celle qui sera le moins éloigné de mes idées, au risque de reproduire la cata de 2002? Ou faire encore un vote utile gerbant, comme en 2007? Je suis dégoûtée de la politique, mais s’en laver les mains ne me semble pas non plus une solution…
Quand j’étais jeune (et conne) et que je trouvais mon pays poussiéreux, lent, immobile et con (ce qui m’arrive encore finalement), je rêvais d’être née de l’autre côté de la frontière, là où je partais en vacances chaque été et où les garçons étaient si mignons (parce que oui, les garçons sont TOUJOURS plus mignons en vacances qu’à l’école, mais je m’égare), je trouvais surtout que le peu que je comprenais sur la manière dont ça se passé “à côté”, ben c’était plus simple, au moins tu votais pour quelqu’un.
Ensuite, quand j’ai vraiment eu mon mot à dire, je me suis rendue compte que le système politique suisse n’était pas si mal.
Et plus j’avance en âge (et plus je vois d’élections françaises), plus je suis ravie de ne devoir jamais voter pour un individu qui déciderait pour tout un pays. Je ne comprends pas ce système et je ne comprends pas qu’on puisse le qualifier de “démocratie”. D’accord, “le peuple a parlé” mais il faudrait pratiquement faire une élection chaque semaine si on voulait vraiment écouter “le peuple”.
Bref. Gauche ou droite, je trouve surtout que le fait de voter pour un individu pour 5 ans qui va décider de tout est absurde. Mais si ça DOIT être le cas, ok, à gauche alors… et encore une fois, parmi tous vos candidats, argl, je serais bien en mal de choisir.
Bon courage à vous.
Hum quand même, ce n’est pas le président qui décide de tout! Au jour le jour, le pays est géré par les ministres qu’il a nommés (et qu’il peut révoquer, certes), et les lois sont adoptées ou pas par le Parlement, où siègent des élus de tous les partis (dans des proportions diverses). Le président de la République est, en fait, surtout notre représentant à l’étranger…
@ Armalite : certes, j’ai fait des raccourcis un peu caricaturaux pour expliciter mon point de vue… j’ai cette mauvaise manie
J’aime bien vous voir discuter ici quand j’ai le dos tourné!
je rebondirais bien sur vos propos, mais ce soir je suis amour, je suis lait caillé, je suis haleine de nouveau né et petits cheveux soyeux.
Ce sera donc pour plus tard, pour sûr.
argh je manque de temps (comme d’hab’) pour répondre correctement mais je vais essayer…
Je comprend au combien ton blues, une émission radio une voix forte et claire défendant des valeurs oh combien chères à mon coeur, maintient du service public, soutient à l’enseignement, égalité des chances devant l’accès aux soins, impots justes,…
Quand j’ai enfin eu le nom le d’invitée… C’était Marine Le Pen, Quel choc!!
Mon pays me fait du mal, et de plus en plus…