Du muguet, mais pas que.

Combien d’entre nous sauraient expliquer à leurs enfants pourquoi n’importe qui peut vendre du muguet dans la rue le 1er mai (et pas le 2)?

Pourquoi il est impossible ce jour là de circuler à Paris dans les alentours de la place de la Nation?

Pourquoi presque tous les magasins sont fermés?

Pourquoi même les entreprises les plus chiches en jours fériés concèdent immanquablement celui-ci?

A la fin du 19°, des hommes et des femmes sont morts, en défendant leur droit d’avoir “une vie en dehors de leur travail”.

Cela c’est passé chez nous en France, en Angleterre, mais aussi et surtout chez les américains (eux non plus, ça ne leur ferait pas de mal de s’en souvenir, à l’heure où leurs petits vieux cumulent quatre emplois précaires pour finir leur vie ailleurs que sur un matelas de cartons- souvent sans succès), puis le concept a été mondialisé par les bolchéviks, qui en ce temps là, avaient la cote.

Les ressources ne manquent pas sur le sujet, je laisse à chacun le choix de ses sources, La Sandale n’est pas un blog d’historien.

Mais j’en parle quand-même (je crois qu’il commence à être clair que je ne me gêne pas pour parler de choses dont je ne suis pas spécialiste) parce que je crois que c’est important de se souvenir qu’il n’est pas impossible d’agir.

Le 1er mai, c’est la commémoration de victoires, victoires douloureuses et sans cesse remises en questions, victoires dérisoires et incomplètes, mais victoires des faibles sur les puissants, de ceux qu’on a coutume de voir comme des pions contre ceux qui se plaisent à se poser en stratèges.

Un rappel annuel de notre capacité de rébellion contre l’inacceptable, et de la supériorité, malgré les apparences, d’un peuple conscient de ses droits sur une économie de marché confiante en son pouvoir.

Je n’invite personne à me rejoindre sous un quelconque drapeau, et nulle banderole ne sèche dans mon garage, mais le peu que je retiens du brouhaha des médias sur “l’évaluation du moral des français” se résume à un mot: résignation… Et cela, je crois que je ne peux me résoudre à l’accepter pour moi-même, ou pire, pour mes enfants.

L’Histoire peut aussi servir à ça: se sortir des contingences du quotidien, prendre un peu de recul par rapport à ce que l’on vit, et se demander où est l’essentiel.

Au plaisir de vous lire,

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