
Elles lèvent leurs jupes, elles ne baissent pas les yeux, elles veulent des trous à leurs oreilles et des talons à leurs chaussures, elles courent jambes nues sur la plage et pissent contre le vent, elles comparent leurs cheveux et leurs bijoux, elles aiment changer 10 fois de robes de princesses dans le salon transformé en loge de théâtre géante, elles prennent leur bain toutes ensembles, et leurs corps si dissemblables font ensemble une grande créature pleine de pattes et de nombrils.

Qu’elles sortent à peine de leur dernière couche ou qu’elles s’approchent à grand pas de leur premier soutif, elles sont des FILLES, indubitablement.
De mon fils nu au milieu d’elle, tout petit avec sa différence plus petite encore, mes filles et les filles de mes amis ne craignent ni la main ni le regard, sur leur peau qu’elles n’ont guère le souci de protéger.
Quel délicat apprentissage que celui de la “décence”, et qu’il me semble ardu de l’inculquer à des enfants pour qui ce concept ne reflète rien. Je crois que la pudeur finira toujours par venir à l’enfant, avec les premières choses qu’il aura envie de vivre hors du regard des autres, ses premiers désirs de sentiments ou de sensations solitaires, mais la décence?
A mes yeux, la décence est le pendant de la violence d’autrui, elle est une protection contre ce qu’il y a de pire en l’homme. On cache ce qui est innocent par ce qu’on ne peut désarmer ce qui le menace.
La peau des filles, nous avons appris, depuis des siècles, à la cacher, et j’ai déjà commencé à perpétuer cette tradition, en brimant les penchants naturistes de mes deux aînées, non sans m’interroger sur le sens de cette inégalité, aux multiples variations sur le même thème selon les latitudes et les traditions.
J’ai du mal à croire, parfois, qu’on ait fait couler tant d’encre, tant de larmes, tant de sang parfois, pour cette peau si douce, si souple, si profondément incapable de rprésenter le moindre danger, et j’espère me montrer capable, à mesure que j’apprendsà être mère, d’inculquer à mes enfants suffisament de jugeotte pour se tenir à l’écart de ces folies.
(oui, je vais en recauser, de la burqa…mais pas que)
Au plaisir de vous lire…



4 commentaires
Glad to read you back here, Mah-Yu…
Contente de te revoir ici
Un joli texte pour un joli retour…
Merci à vous! (et merci MaO pour le coup de projo!!)