La première fois que j’ai envoyé une photo à Caroline, je n’en ai pas parlé ici, je ne trouvais pas ça pertinent, et puis avec cet article de Elle sur les rondes et le profond dégoût qu’il m’a inspiré, les réflexions qui ont suivi, sur l’image sociale du corps, ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas, le statut de ce qui est hors-norme, la place du corps dans l’image de soi, mon avis à évolué.
Aujourd’hui je considère que tout ce qui fait réfléchir sur ce sujet est d’utilité publique.
C’est une image étrange que cette mosaïque de corps si dissemblables qui se sont pourtant exposés de façons si similaire au regard de tous, sur un blog dont l’audience est significative et en croissance constante (un clic sur une des images vous emmènera sur le billet de Caro).
Ces corps sont vrais, ce sont des chairs qui palpitent, des os qui craquent, du gras qui bloblotte et de la peau qui plisse mais aussi des arrondis voluptueux, des finesses délicates, tout ce qui fait qu’un corps de femme (ou d’homme, il y en a quelques uns cette fois) on a envie de le toucher et de l’aimer.
Il est illusoire de penser qu’on puisse être tous satisfait de notre apparence physique, tous se trouver beaux, tous accepter notre corps comme le meilleur possible, mais il me semble souhaitable que nous apprenions tous à aimer notre corps maintenant, tel qu’il est, parce que nous n’AVONS pas un corps (que nous pourrions échanger contre un autre, ou rendre, ou refuser), nous SOMMES un corps.
Je suis sur cette photo, je suis ce corps nu photographié dans la même vérité crue que me renvoie le miroir de l’entrée. Ce n’est peut-être pas le corps que j’aurais choisi si on m’avait présenté un catalogue, mais c’est moi, et sans ce corps, il n’y aurait personne pour animer ce clavier ce soir.
Cet étalage de chair n’est pas de l’impudeur, ni l’avènement d’un courant exhibitionniste sur La Sandale. C’est un geste militant, non pas pour le droit des femmes à exposer leurs formes, ni même pour le droit à la diversité, mais contre la haine du corps qui est une haine de soi, contre l’emprisonnement de l’être dans le regard d’une société qui nous attache mentalement sur des lits de Procuste imaginaires.
Aimez-vous les uns les autres, ouais, pourquoi pas, mais prenez bien garde de vous aimer d’abord, tout court.
Au plaisir de vous lire…



2 commentaires
Marrant : j’arrive justement du blog de Caroline où j’ai découvert la mosaïque 2010.
J’ai failli envoyer une photo, cette année, mais failli seulement… L’an prochain, peut-être…
Aime-toi, toi-même, oui…
Si tu savais comme ce billet me fait plaisir !
merci, tout simplement.