Ce n’est pourtant pas la première fois que la famille s’agrandit, et que le dernier-né perd brutalement sa place au profit d’un nouveau-venu.
A chaque fois, il y a eu la phase d’ignorance, suivie de la phase d’observation, puis de la phase d’apprivoisement. J’ai attendu ensuite la phase de rejet, mais elle n’est jamais venue. A la place, j’ai pu observer une phase que je n’attendais pas, celle de la passion.
Mes enfants s’aiment. Plus spécifiquement, chacun d’entre eux est en adoration devant le suivant. Et c’est un bonheur à observer, depuis mon territoire neutre de parent qui ne comprend rien à tout cela.
Mon fils, pourtant, a une attitude plus nuancée que ses grandes soeurs avant lui.
Il est certes passé par les mêmes étapes, et étreint aujourd’hui sa soeur avec une fougue sincère, lui sussurrant à l’oreille quand il croit être seul “je te aime, tu es trop jolie”, mais il la vise systématiquement avec tout ce qui lui tombe sous la main et évoque vaguement une arme à feu, ou lui retire le sein de la bouche sans scrupule sous prétexte de me faire un câlin.
Et puis quand il fait une bêtise de son âge, style déchirer délibérément un livre (ses grandes soeurs l’ont fait aussi, une fois chacune, vers le même âge), il semblerait qu’il ne choisisse pas au hasard:
Même si les aînées sont extrêmement douces et aimantes avec la petite dernière et ne semblent manifester aucun trouble lié à son arrivée, je ne peux m’empêcher de remarquer que depuis quelques temps, elles sont encore plus pointilleuses sur l’égalité de traitement, au point qu’elles seraient capables, je pense, de compter les petits pois ou de mesurer la longueur des frites dans leurs assiettes, des fois que j’en privilégierais une…
La jalousie entre frères et soeurs est-elle une fatalité? Peut-on faire quelque chose pour l’éviter? le faut-il vraiment?
je n’ai pas fini de me poser des questions, je crois…
L’attendrissement devant les photos de gamins, c’est pas mon rayon, mais j’avoue que celle-ci m’a arraché un sourire. Et, n’étant pas maman mais tout de même pourvue d’une soeur cadette que je voulais zigouiller jusque vers 20 ans et qui est aujourd’hui la prunelle de mes yeux, je pense que les jalousies et la compétitivité au sein d’une fratrie font partie des choses plus ou moins inévitables qui, à terme, aident les enfants à se construire en tant qu’individus. Tant que ça ne finit pas à l’hosto, à ta place, je ne m’inquiéterais pas
Pour ma part, mère de 6 filles entre 9 et 2 ans… je pense que la jalousie est inévitable… et je ne cherche pas à l’éviter, mais à vivre avec.
Bien sûr, je râle et je me moque (gentiment, hein !!) de mes filles en leur proposant régulièrement un “pèse-tartine”… Je crois que ce qui se joue, c’est la reconnaissance des besoins de chacun… mais aussi que les enfants doivent se construire, le plus harmonieusement possible, dans un monde qui n’est pas juste.
Celle-ci est pleine de grâce et fait de la danse, celle-là est un peu plus ronde et manque de souplesse, mais elle prend plaisir à faire du théâtre. Quant à une autre, elle n’a pas de talent particulier s’étant fait jour pour le moment, mais qu’importe ? Je n’aime pas plus celle qui danse que celle qui fait du théâtre, que ma petite dernière… Je les aime toutes pour qui elles sont, et leur fait sentir qu’elles peuvent s’appuyer sur cet amour inconditionnel pour grandir, qui qu’elles soient.
Je cherche à les traiter de manière égale sans être égalitariste (ma fille aînée a reçu pour Noël de partir en colonie une semaine… ma fille de 3 ans n’en aurait certainement ni envie ni besoin, au contraire !!!)
La jalousie est un sentiment qui semble inné, tant que cela ne va pas trop loin, je laisse filer… mais je n’ai pas de recette parfaite !
Ces derniers jours, nous avons tiré les rois. Je me souviens de mes parents qui gardaient les fèves et les couronnes d’une année sur l’autre et quand on tirait les rois, il y avait une fève dans la part de chacun, et une couronne sur chacune de nos têtes… Pas de cela chez nous. Une galette, une fève, une couronne. Une personne a de la chance (peu importe qui, du moment que c’est moi !!!), les autres pourront avoir leur chance une autre année… voilà tout !
Il faut essayer de les aider à grandir et à vivre leurs sentiments… Si ton petit homme sent en lui de la violence, mieux vaut qu’il déchire un livre plutôt que de s’en prendre à sa petite soeur… Et demain sera un autre jour, la violence vécue et ex-primée ne le parasitera plus à l’intérieur…
9 commentaires
Ce n’est pourtant pas la première fois que la famille s’agrandit, et que le dernier-né perd brutalement sa place au profit d’un nouveau-venu.
A chaque fois, il y a eu la phase d’ignorance, suivie de la phase d’observation, puis de la phase d’apprivoisement. J’ai attendu ensuite la phase de rejet, mais elle n’est jamais venue. A la place, j’ai pu observer une phase que je n’attendais pas, celle de la passion.
Mes enfants s’aiment. Plus spécifiquement, chacun d’entre eux est en adoration devant le suivant. Et c’est un bonheur à observer, depuis mon territoire neutre de parent qui ne comprend rien à tout cela.
Mon fils, pourtant, a une attitude plus nuancée que ses grandes soeurs avant lui.
Il est certes passé par les mêmes étapes, et étreint aujourd’hui sa soeur avec une fougue sincère, lui sussurrant à l’oreille quand il croit être seul “je te aime, tu es trop jolie”, mais il la vise systématiquement avec tout ce qui lui tombe sous la main et évoque vaguement une arme à feu, ou lui retire le sein de la bouche sans scrupule sous prétexte de me faire un câlin.
Et puis quand il fait une bêtise de son âge, style déchirer délibérément un livre (ses grandes soeurs l’ont fait aussi, une fois chacune, vers le même âge), il semblerait qu’il ne choisisse pas au hasard:
Même si les aînées sont extrêmement douces et aimantes avec la petite dernière et ne semblent manifester aucun trouble lié à son arrivée, je ne peux m’empêcher de remarquer que depuis quelques temps, elles sont encore plus pointilleuses sur l’égalité de traitement, au point qu’elles seraient capables, je pense, de compter les petits pois ou de mesurer la longueur des frites dans leurs assiettes, des fois que j’en privilégierais une…
La jalousie entre frères et soeurs est-elle une fatalité? Peut-on faire quelque chose pour l’éviter? le faut-il vraiment?
je n’ai pas fini de me poser des questions, je crois…
Au plaisir de vous lire,
Mah-Yu, Blogueuse en retard
L’attendrissement devant les photos de gamins, c’est pas mon rayon, mais j’avoue que celle-ci m’a arraché un sourire. Et, n’étant pas maman mais tout de même pourvue d’une soeur cadette que je voulais zigouiller jusque vers 20 ans et qui est aujourd’hui la prunelle de mes yeux, je pense que les jalousies et la compétitivité au sein d’une fratrie font partie des choses plus ou moins inévitables qui, à terme, aident les enfants à se construire en tant qu’individus. Tant que ça ne finit pas à l’hosto, à ta place, je ne m’inquiéterais pas
Comme Armalite, enfants n’ai point, mais j’ai aimé lire tes observations drôlement pointues, j’envoie de ce pas ton blog à Petite Soeur Chérie.
Amour et jalousie, ca va bien ensemble…tant qu’il a de l’amour
*y
Merci pour votre solidarité, les No Kids!
@minederien: quand est ce que tu fais un blog, que je puisse être jalouse que tu fasse rire les gens alors que moi non?
quand j’écrirai moitie aussi bien que toi !
Bonjour !
Pour ma part, mère de 6 filles entre 9 et 2 ans… je pense que la jalousie est inévitable… et je ne cherche pas à l’éviter, mais à vivre avec.
Bien sûr, je râle et je me moque (gentiment, hein !!) de mes filles en leur proposant régulièrement un “pèse-tartine”… Je crois que ce qui se joue, c’est la reconnaissance des besoins de chacun… mais aussi que les enfants doivent se construire, le plus harmonieusement possible, dans un monde qui n’est pas juste.
Celle-ci est pleine de grâce et fait de la danse, celle-là est un peu plus ronde et manque de souplesse, mais elle prend plaisir à faire du théâtre. Quant à une autre, elle n’a pas de talent particulier s’étant fait jour pour le moment, mais qu’importe ? Je n’aime pas plus celle qui danse que celle qui fait du théâtre, que ma petite dernière… Je les aime toutes pour qui elles sont, et leur fait sentir qu’elles peuvent s’appuyer sur cet amour inconditionnel pour grandir, qui qu’elles soient.
Je cherche à les traiter de manière égale sans être égalitariste (ma fille aînée a reçu pour Noël de partir en colonie une semaine… ma fille de 3 ans n’en aurait certainement ni envie ni besoin, au contraire !!!)
La jalousie est un sentiment qui semble inné, tant que cela ne va pas trop loin, je laisse filer… mais je n’ai pas de recette parfaite !
Ces derniers jours, nous avons tiré les rois. Je me souviens de mes parents qui gardaient les fèves et les couronnes d’une année sur l’autre et quand on tirait les rois, il y avait une fève dans la part de chacun, et une couronne sur chacune de nos têtes… Pas de cela chez nous. Une galette, une fève, une couronne. Une personne a de la chance (peu importe qui, du moment que c’est moi !!!), les autres pourront avoir leur chance une autre année… voilà tout !
Il faut essayer de les aider à grandir et à vivre leurs sentiments… Si ton petit homme sent en lui de la violence, mieux vaut qu’il déchire un livre plutôt que de s’en prendre à sa petite soeur… Et demain sera un autre jour, la violence vécue et ex-primée ne le parasitera plus à l’intérieur…
Voili, voilà…
Euh, en fait, je suis tombée sur cet article par hasard… Je n’ai pas pris garde qu’il était si vieux… Il n’est peut-être plus très opportun de réagir…