Le chassé-croisé rituel entre juilletistes et aoûtiens est pour bientôt, les familles tournent leur budget vacances dans tous les sens, et tentent de composer avec la flambée des prix de l’essence ou du kérosène, pour profiter le plus possible du temps de loisirs et de dépaysement qui leur est alloué en récompense de leurs efforts de l’année écoulée.
Mais c’est d’un autre carburant que je veux vous parler, d’une pénurie chaque année anticipée, et chaque année subie, avec une régularité de métronome.
La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons presque tous faire quelque chose pour cette crise là, et pour pas cher, alors que pour la crise pétrolière, à part le vélib’…
Je vous parle bien entendu de la pénurie de sang dans les hôpitaux.
Du sang pour les accidentés de la route, mais aussi pour les malades chroniques.
Pour des vieux et des enfants, des hommes et des femmes, des gens comme vous et moi (et peut-être un jour vous, ou moi) qui n’avaient pas prévu que leurs vacances se finissent comme ça.
Donner son sang est un geste indolore, de courte durée, sans conséquences sur la santé du donneur.
Un homme peut donner 5 fois dans l’année, une femme 3 fois (bien entendu, en réalité, on pourrait donner plus sans danger, mais ce sont les limites posées par la législation française, par souci de sécurité maximum, mais surtout de prévention des abus: imaginez les conséquences désastreuses sur les dons si on se mettait à entendre parler d’effets secondaires négatifs chez d’éventuels donneurs trop assidus).
Le faire pour la première fois à l’occasion des vacances d’été me semble une bonne idée pour deux raisons:
-la triste actualité d’accidents mortels , notamment sur les routes, rend encore plus tangible l’utilité immédiate du geste (même si en réalité, il y a des besoins tout au long de l’année)
-ceux qui ont peur de mal vivre ce moment, d’être fatigué après, ou de devoir annuler faute de temps, peuvent profiter d’un jour de repos pour le faire
Le plus dur, quand on n’a pas été familiarisé avec cette pratique (par sa famille, ses amis, l’école…), c’est de faire la démarche du premier don: trouver l’établissement qui pratique les prélèvements, prendre le temps de s’y présenter (en général sans rendez-vous).
La suite passe toute seule, et après votre premier don, l’Etablissement Français du Sang vous envoie de temps en temps un courrier vous disant que le délai autorisé entre deux dons est écoulé, et que vous pouvez revenir, si vous le souhaitez.
J’ai donné pendant dix ans, ça ne m’a rien coûté, à part un petit peu de mon temps (un peu plus que la moyenne vu que pendant plusieurs années, la moindre prise de sang me faisait tomber dans les pommes, donc après un don, je restais allongée un petit moment, agréablement chouchoutée par l’équipe de prélèvement), et je sais que ça a sauvé des vies.
Franchement je trouve que c’est pas cher payé la solidarité!
Je m’autorise donc cette notule prosélyte, à destination de ceux d’entre vous qui n’y auraient jamais pensé, ou qui y pensent souvent sans jamais sauter le pas, ou qui hésitent parce qu’ils ont peur d’avoir mal, d’être plus vulnérable après, ou même d’attraper des maladies, n’hésitez pas à visiter le site de l’EFS, qui répond à beaucoup de questions, ou bien entendu à en parler ici, en commentaires.
Je rappelle quand même que l’anémie, même potentielle, est LA contre-indication majeure du don de sang (plus par précaution qu’autre chose, mais c’est comme ça) et donc que vous serez recalé si vous vous présentez anémié, ou avec un poids très faible et bien sûr, enceinte ou allaitante.
Ma mère me racontait souvent comment, voyant un camion de prélèvement dans la cour de l’hosto après un rendez-vous, elle y était entrée pour donner son sang, et qu’aux questions sur l’hygiène de vie (tabac, alcool, rapports sexuels protégés, drogues, etc.) elle avait fini par répondre “oh mais non vous savez, vu que je suis enceinte, je fais attention”, laissant la nana qui lui posait les questions complètement sans voix! (elle s’est finalement fait gentiment raccompagner à la porte, avec consigne de revenir un fois le bébé né et sevré).
Bref, si vous ne le faites pas pour toutes les raisons que j’ai dites, faites-le pour moi, qui, occupée depuis près de quatre ans à repeupler la France, n’ai pas eu depuis tout ce temps l’occasion de le faire.
La prochaine fois, je vous cause du don de plaquettes, c’est sympa aussi (on vous donne plus à manger et vous avez droit à un dvd).
Au plaisir de vous lire,



8 commentaires
Quand j’étais étudiante je donnais mon sang quand je croisais un camion de l’efs c’était rapide, j’avais l’impression de faire une bonne action, les medecins et infirmiers sont toujours sympas, maintenant je donne mes plaquettes parce que quitte a faire le déplacement jusqu’à l’hopital autant que ce ne soit pas pour y passer 10min et c’est bien aussi on voit un film, on est chouchouté et on a toujours l’impression de faire une bonne action
Quand je vivais en Europe, pas de souci pour donner du sang. Mais maintenant que je vis au Canada, je suis interdite de don sanguin à vie ici (puisque j’ai séjourné trop longtemps en Europe) et en Europe, je suis aussi interdite (puisque j’ai été au Canada) !!!!!
Et c’est comme ça qu’on fait baisser les réserves de donneurs, année après année …..
Tineke : j’en reste sans voix… incroyable, et inadmissible ! j’imagine mal des raisons valables aujourd’hui à ces interdictions… tu en sais davantage ?
Mah-Yu : comme MlleLili, je donnais lorsqque je croisais un camion, lorsque je travaillais à Paris, et maintenant, j’y pense régulièrement mais ne fais pas la démarche… faut que j’me bouge…
Dnad, leurs raisons sont très simples, et même valables d’un certain point de vue.
Je ne peux pas donner du sang au Canada parce que je vivais en Europe dans les années 90, crise de la vache folle.
Je ne peux pas donner du sang en Europe parce que vis au Canada, à cause du SRAS (vous vous souvenez ?).
A force, ils devront changer les règlements, sinon ils n’auront plus de donneurs …
Comme beaucoup, j’ai donné pendant pas mal de temps. Mais en 1988 opération + transfusion. Je n’ai bien heureusement rien chopé, mais comme c’était une période à haut risque, et bien maintenant je suis interdite de don. Alors que maintes analyses ont prouvé que je n’ai rien.
Quand j’ai répondu au questionnaire demandant si j’avais été, entre autres transfusée, et que j’ai donc répondu “oui”, j’ai vu la tête du type qui est devenue soudain très triste. Il m’a dit qu’il savait que n’ayant rien, et n’étant pas dans la “population à risque”, je devrais pouvoir continuer à donner. Et il a conclu en disant que j’aurais dû lui dire que je n’avais pas été transfusée !!!!! même si je comprends ce qu’il a voulu dire, je trouve ça très léger.
J’ai ma carte de donneur d’organes, mais je ne sais pas si, pour la même raison, je suis une bonne donneuse !
J’espère en tous cas que ton message passera auprès de ceux qui n’y pensent pas, ou qui n’y ont jamais pensé.
Quand j’ötais ötudiante je donnais parfois, quand le camion passait. Mais depuis mon long séjour en Guyane m’exclut je pense des listes de donneur pour un bout de temps… D’un autre coté ça se comprend, le palu ça peut mettre plusieurs années à se déclarer et je crois que ce n’est pas décelable en dehors des crises …
mince alors , je reste sans voix aussi parce que tu viens d’écrire tineke, moi qui allait me renseigner pour donner mon sang, je suis dégoutée là
merci à toutes pour vos témoignages, je trouve significatif que nous soyions plusieurs à ne pas/plus pouvoir donner, pour divers motifs… raison de plus pour que les indécis sautent le pas!
@Mlle Lili: merci pour ce premier message ici, et à bientôt j’espère