Boys will be boys…

dozanAujourd’hui, mon fils fêtait ses deux ans.

Deux ans d’amour fusionnel, de tétées et de câlins partagés, deux ans que nous n’avons pas vus passer. Je pourrais vous parler du jour de sa naissance, mais je l’ai déjà fait, ou des progrès que j’ai faits par rapport au pathétique gâteau-voiture bricolé à la va-vite avec les restes du frigo de mes parents pour son 1er anniversaire, puisque cette année il a eu droit à un dragon, mais ledit dragon ressemble plus à un crocodile, et ne présente aucune originalité particulière, ni dans l’exécution (un gâteau au chocolat recouvert de pâte à sucre verte) ni dans le résultat (Lacoste-like, donc).

dragon

Alors je vais parler d’autre chose. Ou plutôt si, je vais vous parler de gâteau, et de ce qui fait que le Poussin, pour ses deux ans, a eu un dragon-crocodile-dinosaure et pas une princesse-sirène pour gâteau (et pour cadeau, d’ailleurs).

Le gâteau sirène, là, de même que le gâteau de “princesse-pirate”, ce sont ceux de sa soeur aînée, qui a fêté ses 5 ans avec un mois d’avance, histoire que tous les copains ne soient pas au club med (ou au bled) au moment de la fête.

sirene

Il y a quelques mois, mon fils était fan de princesses. Quand je portais un de mes colliers de “Michal Negrin” représentant des petites poupées, il entrait en transe et répétait “Passessse,  Passesse!! “. “Passesse” quand ses soeurs sortaient les robes de la malle de déguisements, “passesse” quand on se promenait dans les allées de Disneyland Paris, “passesse” devant la télé, les albums de coloriage, les histoires du soir. Il portait robes et couronnes avec grâce, et s’en sortait à peu près dans des chaussures à talons.

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Nous ne l’avons jamais découragé de cet engouement, ne lui avons jamais interdit d’imiter ses soeurs. Mais insidieusement, à la faveur de hasards répétés, les dragons/dinosaures (indifféremment appelés “Gagons”) ont fait leur apparition, et force est de constater que nous avons du nous montrer plus encourageants devant cette nouvelle passion.

Eh oui, malgré mes convictions, la force de mon engagement personnel, ma certitude qu’il n’existe pas de jeux de filles ou de garçons, j’ai aussi, presque malgré moi, versé dans la différenciation sexuelle abusive.

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Je ne culpabilise pas, je ne cherche pas à le réparer, car je pense que cela garde des proportions très acceptables, mais je m’émerveille de la puissance de ces a priori, qui sont capable de prendre le pas sur une pensée construite et militante.

J’ai donc encouragé mon fils dans son amour pour les dragons, comme si cet amour était plus légitime, plus acceptable, promis à une plus probable pérennité, que son amour pour les princesses et les fanfreluches. Et en faisant cela, j’ai apporté ma pierre, mon petit caillou riquiqui, à l’édifice sans cesse alimenté de la différenciation sexuelle.

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Ma pensée sur le sujet est assez radicale: sorti des différences anatomiques et physiologiques, je ne reconnais qu’une distinction majeure entre les sexes, à savoir la maternité (et son corollaire fréquent, l’allaitement). Pour tout le reste, j’estime qu’un homme et une femme (et plus encore un garçon et une fille, la puberté n’étant pas passée par là) sont égaux dans l’humanité, susceptibles de présenter les mêmes goûts et dégoûts, les mêmes traits de personnalité, les mêmes caractéristiques physiques et morales (et les mêmes orientations sexuelles, donc).

talons

C’est le poids de mon éducation, de ma culture, de mon environnement, qui me pousse à conditionner mon fils, afin qu’il fasse ce qu’on attend d’un garçon. Alors je freine des quatre fers, et je tente, en développant ici les errances de mon cerveau fatigué, de maintenir ma ligne de conduite.

Cela peut paraître anodin, mais c’est par ces brèches que s’insinue le venin de la discrimination, des inégalités, et de l’incompréhension entre hommes et femmes.

princesse

Le jour de la fête de ma fille aînée, j’ai eu le plaisir d’accueillir, parmi les princesses et les pirates, deux petites filles qui préféraient porter le tricorne et le bandeau sur l’oeil, et un petit gars qui préférait les robes et les bagues en diamant. Leurs parents respectifs sont perplexes, mais pas inquiets. Ce sont eux les véritables artisans d’un monde meilleur pour nos filles et nos fils.

Merci à eux.

6 commentaires

  1. Publié le 30 juin 2010 à 22:26 | Permalien

    Je connais un petit garçon qui aimait se costumer, se maquiller, jouer à la poupée, et fuyait les affrontements.
    Je connais une petite fille qui délaissait les poupées pour les boîtes à outils et les trains électriques, et regrettait de ne pas être un garçon.
    Les deux ont reçu une éducation comparable, des mêmes parents ouverts d’esprit.
    Il est aujourd’hui un homme discret en couple avec un autre homme.
    Elle est aujourd’hui mariée et mère de quatre enfants.
    Comme quoi, y a pas de fatalité… ;o)

  2. Publié le 1 juillet 2010 à 3:53 | Permalien

    Hem…
    Bien évidemment, bananniv ici aussi au ptit gars !!!
    ;o)

  3. callie
    Publié le 1 juillet 2010 à 9:11 | Permalien

    avec un train de retard, bon anniversaire à ton ptit gars… Notre grossesse partagée jusqu’à ce 30 juin me rappelle qu’une petite “passesse” va bientôt fêter ses 2 ans également… *soupir*

  4. Publié le 1 juillet 2010 à 17:03 | Permalien

    Pendant les vacances de Pâques, j’ai emmené ma fille au Playmobil Fun Parc – sortie je conseille d’ailleurs à tout le monde, car pour 2e les gamins peuvent jouer des heures avec tous les playmobils existant, mais là n’est pas le sujet

    Et donc j’étais assez attérée de voir tous ces petits garçons jouer avec le chateau fort, le chantier, le volcan, les dinosaures… Et toutes ces petites filles autour de la maison et du chateau de princesses. Zéro mélange.

    Seul le bateau pirate attirait les 2 sexes (rapport aux princesses présentes sur le bateau)

    Seule ma fille a passé des heures sur les stands avec les jeux “pour garçon” Elle s’est surtout éclatée avec les dinosaures d’ailleurs (on avait vu Dragons la veille).

    J’étais très fière.

    Mais bon, je suis incapable de dire comment je réagirait si j’avais un garçon qui préfère jouer avec les poupées qu’avec les dragons.

    Il y a encore du chemin à faire dans les consciences, je pense.

    Bon anniv’ au p’tit gars (et à ta grande aussi)

  5. Usagi
    Publié le 2 juillet 2010 à 20:14 | Permalien

    Lorsque j’étais petite, mes parents me laissaient jouer aux petites voitures et aux playmobils indiens sans restriction. M’auraient-ils laissé jouer à la poupée de la même façon si j’avais été un garçon ? Je ne sais pas…

  6. Usagi
    Publié le 2 juillet 2010 à 20:16 | Permalien

    Je lis les commentaires et me rends compte que mon commentaire rejoins celui de MaO. Bon anniversaire au petit prince.

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