Il y a deux ans…(multipare powaaaaa)

… Rassurez-vous, c’est le dernier récit d’accouchement que j’ai en stock, je n’ai pas d’enfants cachés!

L’arrivée de mon premier enfant avait été en soi un événement bouleversant et extrême, mais l’accouchement en lui-même (relaté ICI) avait été long et parfois, il faut bien le dire, un peu pénible.

La naissance de ma fille cadette fut donc elle aussi, à sa façon, une première fois, puisque je l’ai vécue davantage selon mon coeur et que, mieux informée, j’ai su quoi demander et quels choix faire pour que ce moment soit véritablement “à moi” (une approche qui devait se réaliser pleinement à la naissance de mon fils, relatée ICI).

Accessoirement, si vous avez lu mes deux autres récits, vous constaterez que la baignoire et moi, c’est une longue histoire de frustration!

(”maybe next time”, comme dirait le multipère… qui n’a peur de rien)

Jeudi 23 novembre 2006

18h30, mon amoureux revient de chez la nounou avec notre fille (encore unique) et le courrier. Dans le courrier, il y a le nid d’ange qui vient apporter la touche finale au berceau habillé le matin même du somptueux tour de lit cousu par une talentueuse amie.

Je prononce la phrase suivante : « bon, ben maintenant qu’on sait où poser le bébé, on peut partir pour la maternité ! »

Au lieu de ça, nous faisons dîner notre fille et la couchons,
19h45, nous dînons. J’ai mal au crâne. En mâchant mon poisson pané, je réalise que les oedèmes aux pieds et mains, plus la prise de poids brutale de ce mois, les bourdonnements d’oreille de l’avant-veille (j’avais passé une heure à chercher en vain dans l’appartement un appareil électrique allumé !) et les maux de tête de ce soir dessinent le tableau clinique de la pre-éclampsie. Je n’y crois pas trop, mais je ne veux pas prendre de risques.

21h30, mon père arrive pour garder sa petite fille le temps que l’Homme me dépose à la maternité. Je n’ai pris avec moi que ma carte de groupe sanguin et 30 euros pour rentrer en taxi après le monito et la bandelette. Mais ladite bandelette révèle une croix d’albumine et le test sanguin qui suit un brin d’uricémie. Alors, malgré une tension parfaite, le médecin m’annonce que je ne quitterai pas les lieux enceinte. S’ensuit un examen qui révèle un col ouvert à deux doigts, encore mi long…examen qui ne sera pas sans conséquences puisque je soupçonne fortement le médecin d’avoir fait un petit décollement des membranes afin d’éviter un déclenchement.

A partir de ce moment là les contractions se font très régulières (le monito l’indique, mais moi je ne sens rien, et l’équipe m’assure que je peux accoucher aussi bien ce soir que la semaine prochaine).

Vendredi 24 novembre 2006

3h44 : on m’a descendue à l’étage « suites de couches », en chambre, et n’ayant rien apporté pour m’occuper, je décide de commencer à compter les contractions. Elles sont très régulières : une dizaine espacées de 5 minutes, puis une dizaine espacées de 6 minutes, puis une dizaine espacées de 4 minutes, et rebelote. Pas douloureuses du tout, mais assez forte pour m’empêcher de dormir ne serait-ce qu’une demi-heure. Je me prends en photo avec mon téléphone portable, le temps est long.

La journée se passe à compter les contractions (toujours selon le même schéma 5minutes/ 6 minutes/ 4 minutes) en me baladant dans le couloir où je croise toutes les mamans qui font connaissance avec leurs bébés. Les examens n’indiquent pas de modification du col. La monotonie est interrompue par la visite de mon homme qui vient une première fois avec mes sacs, et une deuxième fois avec notre fille, qui s’éclate comme une folle à pousser les berceaux vides dans le couloir et à faire du charme aux papas.

18h30 : quelques contractions commencent à être douloureuses, je partage mon dîner avec ma fille en me disant qu’elle vit là ses derniers instants d’enfant unique. Une fois seule, je tourne en rond en attendant l’examen qui confirmera (ou non) l’efficacité des contractions.

20h30 : les contractions sont maintenant toutes assez douloureuses, et quand on vient me chercher pour le monito et l’examen, je décline l’offre, en disant que je vais plutôt monter les faire en salle de naissance.

21h00 : je suis installée en salle avec les monitos et j’attends l’examen pour savoir s’il est opportun de faire revenir mon homme ou pas. C’est l’heure du changement d’équipe, la sage-femme tarde, je décide d’appeler le papa quand même, tant pis si c’est pour rien. Cinq minutes plus tard, la sage-femme m’examine : col effacé, ouvert à 4cm. Au moins je n’ai pas mal pour rien. Elle me donne un ballon géant pour patienter, m’interroge sur mes désirs (je ne sais pas encore si je veux une péri, mais je sais que je veux laisser le cordon s’arrêter de battre avant d’être coupé et aussi qu’on ne précipite pas la délivrance afin d’éviter une révision utérine manuelle) et me propose de prendre un bain quand le papa sera arrivé.

21h40 : le papa est là. Il trouve que le ballon c’est marrant. Moi je commence à trouver tout ça beaucoup moins drôle et à me dire qu’après une nuit blanche et une journée entière à compter les minutes, je vais peut-être me décider à demander une péri pour supporter les contractions. La sage-femme me réexamine. En trente minutes je suis passée de 4 à 8 cm. Les contractions sont de plus en plus rapprochées et ne me laissent pas le temps de me poser la question de l’anesthésie. La sage-femme me propose alors un masque de protoxyde d’azote. En l’acceptant je sais que je renonce à la péri, mais finalement je n’arrive pas trop à m’en servir, et je le broie entre mes doigts à chaque contraction (les morceaux sautent un par un et tombent sur le sol, la SF les ramasse patiemment et remonte le tout avant de me le redonner…)

22h05 : j’arrive enfin à respirer un peu dans le masque, enfin surtout à crier dedans, quand tout à coup, au milieu d’une contraction, SPLATCH , rupture (que dis-je rupture ! explosion atomique !!) spontanée de la poche des eaux. J’ai l’impression d’en avoir projeté partout et surtout, le bébé est descendu avec et les poussées commencent. Mais moi je ne veux pas. Je veux « faire une pause » et je serre les cuisses en espérant faire remonter le bébé. Je répète « je veux juste faire une pause », la sage femme me demande si je veux toucher la tête du bébé je réponds « non non je veux seulement faire une petite pause », et je le répète à l’envi, sans pouvoir pour autant m’empêcher de pousser (je ne sais pas si ça arrive souvent ça, des femmes qui accouchent en serrant les cuisses ?)

22h12 : j’accepte de pousser dans une position adéquate, et au moment d’une contraction. Puis une deuxième fois, non sans avoir réclamé en vain une pause.

22h16 : je pousse encore une fois en proférant mentalement les pires injures à l’encontre de la SF et de mon homme qui m’assurent que le bébé arrive (comme si je ne le savais pas !) et me proposent sans arrêt de me brumiser le visage (comme si le bébé allait sortir de mon front, j’vous jure!)

22h17 : le bébé est là, la SF la pose sur mon ventre en attendant de couper le cordon, elle est toute douce, je la caresse sous le drap sans même la regarder, j’ai à peine vu son visage et entendu son père dire qu’elle ressemble à sa soeur, je n’éprouve pas le besoin de la voir, je la sens contre moi (sur mon ventre et non sur ma poitrine car le cordon est un peu court) et cela me suffit. Je me sens bien. Je l’ai sentie arriver et je sais que tout va bien. Une fois le cordon coupé, et ma fille posée sur ma poitrine, elle a tout de suite tété QUINZE minutes de CHAQUE côté, avant de comater gentiment sur mon épaule pendant les 3h de peau à peau ininterrompu dont nous avons bénéficié. Les soins (délivrance et quelques points pour une déchirure superficielle) ont été faits sans qu’on ne me la retire, et la pesée et l’habillage au dernier moment, avant de redescendre en chambre. La SF a respecté mon souhait de laisser faire la nature, et malgré des membranes incomplètes, n’a pas fait pratiquer de révision manuelle (simplement demandé une surveillance des saignements).

Ma fille a tellement tété les premiers jours que je n’ai pas senti ma montée de lait. Deux mini-crevasses ont disparu très vite, je n’ai pas eu d’hémorragie et rien à déplorer pendant mon séjour (excepté la nourriture locale bien sûr). Le matin du dernier jour la miss a passé 4h sous la lampe pour une suspicion de jaunisse, mais cela n’a pas différé ma sortie, et une fois à la maison j’ai commencé ce récit en donnant la tétée…pour le terminer pendant que mon bébé s’étirait sur le canapé en poussant de petits couinements. 

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Addendum, 2 ans plus tard:

Quand la Princesse Chat est arrivée chez nous, nous sommes devenus un couple avec enfant. Dans mon vécu, c’est l’arrivée de la Mimi Souris, 16 mois plus tard, qui a fait de nous une famille (pas encore “nombreuse” à l’époque!).

Pour cela, et pour la place qu’elle a su trouver, dès sa première bouffée d’air, sa première lampée de lait, dans mon coeur, mes bras, ma vie, qu’on aurait pu croire déjà si pleins de sa soeur, elle m’a émerveillée.

Ma toute première deuxième fille, mon unique cadette, inédite et familière à la fois… Joyeux anniversaire mon bébé.

Au plaisir de vous lire (même si je me doute qu’ajourd’hui, ça prête moyennement au commentaire!)

9 commentaires

  1. Publié le 25 novembre 2008 à 11:14 | Permalien

    Juste de gros bisous…

  2. Publié le 25 novembre 2008 à 11:31 | Permalien

    Hey, et puis Joyeurx Anniversaire à Mimi Souris, évidemment !! ;oþ

  3. Pat
    Publié le 25 novembre 2008 à 13:12 | Permalien

    Bon anniversaire Mimi Souris !!

    un ptit commentaire : merci de m’avoir fait revivre mes accouchements !
    j’ai bien envie de remettre ca maintenant ! hihihi

    C’est quoi le cordon qui bats ?
    j’ai jms entendu q le cordon bats !!
    Merci d’avance pr tes explications !!

    bisou

  4. Minanette
    Publié le 25 novembre 2008 à 21:23 | Permalien

    Juste la vie dans ce qu’elle a de plus intense, merci pour ce récit qui me replonge dans ces moments difficiles, uniques et délicieux à la fois !
    Bon anniversaire à ta fille.

  5. Publié le 26 novembre 2008 à 0:31 | Permalien

    pleins de bises à ta jolie unique deuxième fille,

  6. lepingouinventru
    Publié le 26 novembre 2008 à 1:07 | Permalien

    Soupir rêveur. Encore un joyeux anniversaire à mimi souris et des bises. C’est normal qu’à te lire, j’ai déjà envie de recommencer ?

  7. Mah-Yu
    Publié le 28 novembre 2008 à 23:38 | Permalien

    @Pat68: le cordon bat, comme tout le reste de notre système sanguin. Si on ne le coupe pas, il cesse de battre de lui même, après la naissance, quand il ne sert plus à rien, puisque le bébé respire avec ses poumons et se nourrit avec sa bouche.

    @Minanette: merci de ton passage et de ton message, le premier ici je crois

    @toutes: merci, et tant mieux si ça donne à certaines l’envie de remettre ça!

  8. Publié le 1 décembre 2008 à 7:21 | Permalien

    Euh, non, pas vraiment envie de remettre ça…navrée d’être dans le rouge quand tout le monde semble être dans le vert…
    Là, avec Flan, sa soeur en crise d’ado, et ses deux frères inventeurs professionnels de bêtises, je demande…une pause ;-) ))))))
    Noyeux janniservaire
    Bises

  9. Mah-Yu
    Publié le 3 décembre 2008 à 14:42 | Permalien

    @anneciel: je l’ai toujours dit, les enfants sont le meilleur contraceptif connu, le seul problème, c’est de détermiber à partir de quel dosage ça fonctionne… Apparemment, dans ton cas, la posologie c’est 4!

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