
Bon, ok, je sais que ça fait plusieurs notules qui tournent de manière assez concentriques autour de l’anniversaire de ma Princesse Chat.
Il serait temps de passer à autre chose.
Mais bon, j’ai raconté ici la naissance de Zorro le Poussin, alors ces jours ci, c’est l’occasion ou jamais de faire figurer aussi, dans les pages de ce blog, quelques souvenirs de la naissance de mon premier enfant (rassurez-vous, j’arrête là la compil des récits d’accouchement, du moins jusqu’en novembre prochain!).
Or donc, le 22 juillet 2005 au soir, je voulais prendre un steak tartare au restaurant “Chez Justine” à Belleville, mais mon amie qui dînait avec nous m’a menacée des pires avanies si je persistais à vouloir prendre un tel risque (je n’étais pas, et ne suis toujours pas, deux chats plus tard, immunisée contre la toxoplasmose) à deux semaines d’accoucher.
Contrariée, je me console avec une poêlée de noix de saint-jacques, et nous prolongeons la nuit dans un bar à jus de fruits frais.
Il fait chaud, mon ventre est lourd, j’ai les chevilles d’un éléphant… en rentrant chez moi, vers 1h du matin, j’écris un mail à ma mère, dans lequel je lui dis mon envie d’accoucher, et mon impression que ce jour ne viendra jamais.
Moins de trois heures plus tard, alors que j’ai enfin trouvé le sommeil près de mon ronfleur préféré, je suis réveillée par une contraction, puis une autre, et j’éprouve le besoin de vérifier l’heure.
Sur le forum où j’ai partagé ma grossesse avec d’autres parturientes de juillet/août, déserté à cette heure tardive, je me parle toute seule, faisant le décompte de mes contractions (très régulières) en temps réel, de 3h40 du matin à 5h51, heure à laquelle j’ai perdu les eaux après deux spasfons et un bain chaud.
Les contractions étaient différentes de celles de la grossesse: douloureuses, mais franchement pas intenables, plus du type des douleurs de règles souvent décrites.
Une fois les eaux perdues et mon chéri réveillé (il a quand même réclamé 10 minutes de rab de sommeil!!!) j’ai tranquillement fini de préparer mon sac, et nous avons pris la voiture, malgré la très courte distance, parce que je commençais à bien douiller.
Joli souvenir, dans Paris désert s’éveillant doucement, de cette rue pavée menant à la maternité, et de l’envol de dizaines de pigeons, au ralenti, au fur et à mesure que la voiture s’avançait dans leur masse compacte.
Nous sommes arrivés assez vite à la maternité où tout s’est enchaîné: monitos, péri (très faiblement dosée), accélération et intensification des contractions jusqu’à 13h (juste l’Homme et moi, et mon lecteur MP3 qui passait la playlist de ma grossesse, grâce aux petits hauts parleurs achetés pour l’occasion), puis phase d’expulsion, très douloureuse et longue (- plus de deux heures, alors que la sage-femme; à la première poussée, m’avait annoncé 15 minutes- il s’est avéré ensuite que bb avait le cordon autour du cou, d’où la difficulté) avec mon homme près de moi qui me réconfortait mais sans pouvoir réellement me convaincre que j’allais y arriver!!!
Je croyais vraiment être au maximum de l’effort de poussée, et je hurlais comme une possédée que je ne POUVAIS pas faire plus (j’ai même cru que ça allait finir en césarienne, tellement ma fille me semblait “insortable”), mais quand les sages femmes m’ont dit qu’il fallait vraiment que le bébé sorte parce qu’il n’allait pas bien (était ce une ruse de leur part?)….
…Alors là, magique, une vague de force venue d’on ne sait où est apparue, j’ai poussé, et elle était là, à peine bleue, pleine de cheveux (avec des accroche coeurs sur les tempes, et une coiffure à la “M”), fredonnant plutôt que de crier!
Quand ils l’ont posée sur moi elle a commencé à chercher le sein et à tétouiller gentiment ce qu’elle trouvait pendant que son père lui tenait l’oxygène sous le nez.
Un pur bonheur! impossible de me souvenir d’avoir eu mal quelque part, et pourtant une seule minute avait passé! la suite (expulsion du placenta – avec révision manuelle , quelques points sur la petite déchirure… ) aurait pu me sembler agaçante si je n’avais pas été occupée à scruter ce regard curieux, bleu profond, intensément fixé sur moi.
Je l’ai gardée longtemps contre moi, ivre de son odeur et de sa douceur, avant de laisser son père la découvrir lui aussi, peau à peau, souffle contre souffle, et de me repaître de cette image qui revêtait un sens inédit pour la primipare que j’étais: ma famille.
(3 ans plus tard, ce sont deux mots qui ont pris une nouvelle dimension!)
Au plaisir de vous lire,



7 commentaires
j’adore quand tu parles de ta famille,
bises
*soupir*
;o)
merci les filles!
c’est malin, j’ai les larmes aux yeux…
Amour maternel,quand tu nous tiens!!!!!!
j’ai pas tout lu…ms je viens de réaliser q ton ainé à l’âge de mon dernier !!!
bravo pr ton courage (ms est ce bien du courage !? hihihi) de faire encore 2 ptits loulous aprs !
ch’sais pas chz toi, ms chz moi la cuvée 2005 est très très remuante !!! ;O)
@Pat68: je confirme, cuvée 2005 pas exactement calme, mais bon 2006 non plus… on verra si j’ai plus de chance avec 2008
@Marie-Thé: héhé, anéfé, l’amour maternel est là pour nous faire oublier les nuisances infantiles, je crois!
@Ninette: et encore, là c’est MON accouchement, alors imagine dans quelques mois!