Oui, bon, ok, je me suis pas foulée pour le titre de la notule de ce soir.
N’empêche que ce fut un peu ça, lundi dernier, rapport à mon “plan de naissance” que je trouvais pourtant si basique.
D’abord, je dois avouer un truc, c’est que je ne l’avais pas avec moi au moment d’accoucher. Cépamaphôte: y’avait plus d’encre dans l’imprimante.
Mais bon, quand je suis arrivée en salle de naissance, après plus de deux heures de contractions en public dans le hall d’attente bondé, j’étais encore relativement lucide, et je savais tout à fait ce que je voulais.
Heureusement, parce que finalement, j’ai vraiment du batailler pour.
J’ai ici une pensée émue pour ma sage-femme, la pauvrette, qui avait eu son diplôme le matin même et qui, peu familière des libertés qu’autorise le protocole des Bluets par rapport à ce qu’elle avait pu voir ailleurs pendant ses 4 années de formation, a lutté elle-aussi, jusqu’au bout, pour défendre ce qu’elle pensait être la meilleure procédure.
Je ne lui en veux pas, même si son acharnement à vouloir “un tracé continu” du monito m’a fait passer à nouveau à côté du travail en baignoire dont je rêvais depuis ma première grossesse.
Je comprends son stress, devant mon refus répété chaque fois qu’elle a tenté de me faire une prise de sang ou de me poser un cathéter.
Je conçois aussi qu’elle ait été désorientée par ma réticence à m’allonger pour me laisser examiner (les contractions étant mille fois plus gérables assise sur le ballon ou debout contre mon homme).
Mais je lui suis reconnaissante d’avoir finalement appelé à la rescousse deux collègues plus aguerries (et surtout plus familières de l’esprit du lieu), d’avoir eu en faisant cela l’humilité de reconnaître ses limites, car j’imagine comme ça a du lui coûter, en ce premier jour de sa carrière.
Mon accouchement a réellement commencé quand ces deux autres sages-femmes ont fait retomber la pression, encourageant la première à laisser tomber monito, cathéter et examen, pour ne plus écouter que moi.
Leur rôle s’est alors borné à étendre des draps sur le sol pour éviter que je glisse -puisqu’une fois les eaux perdues (juste au moment où j’allais enfin entrer dans la baignoire, snif!) , j’avais décidé de rester debout pour accueillir mon bébé- et à me prêter leur mains, comme un filet de sécurité sous un trapèze volant, pendant que je le sortais moi-même, au terme d’une unique poussée dont j’avais déterminé toute seule le moment opportun et l’intensité requise.
Après ça, j’ai juste le souvenir d’une voix bienveillante me signalant qu’il fallait dégager le cordon, enroulé autour du cou, de bras me soutenant pour remonter sur le lit, mon fils serré contre ma poitrine, et aussi qu’on m’a proposé de l’aide pour retirer mon t-shirt.
Comme les deux fois précédentes, mes lèvres ne laissaient sortir, indéfiniment, qu’un seul mot, adressé à la terre entière, à mon bébé, à mon homme, aux femmes qui m’avaient aidée de toute leur douceur…
Merci
Alors comme ce mot là flotte encore sur ma langue et sous mes doigts, je vous l’adresse aussi, pour tous les petits mots gentils que vous avez laissés ici et sur ma boîte mail, pour votre fidélité pendant mon absence, pour le temps que vous consacrez, chaque jour, à me lire, et parfois à me répondre.
Au plaisir de vous lire,



17 commentaires
Il est mignon!!! Il a l’air déterminé pour un bébé et chevelu!!
J’aime beaucoup l’esprit de ton article; contente de te retrouver!
Merci à toi, de partager avec nous un moment aussi intime, ainsi que les premières photos de ta merveille.
Merci ä toi Mah de partager un si beau moment avc nous !
quel bonheur de lire un si bel accouchement !
j’ai presque eu la sensation de revivre mon dernier accouchement sans péri !
MERCI !
Bravo pr ton joli bonhomme !
et félicitations !!
bises
Pat
Merci à toi pour ce plaisir quotidien
Il est très beau ce petit homme,et quel courage tu as eu.Félicitations Mah…….
Un très beau récit qui donne envie de te tenir la main et te dire Merci de nous faire partager ces moments si … si … intenses et merveilleux. Une naissance est un moment tellement unique …
Un énorme câlin à toi et tes trois petites merveilles
Merci! c’est vrai que c’est intime, mais en même remps, en écrivant mon récit, je n’ai pas eu l’impression de livrer quelque chose de privé, j’ai même du me forcer à des coupes franches, à la relecture, pour édulcorer un peu l’ensemble. Comme si malgré le caractère fondamentalement intime de l’expérience, il y avait là quelque chose d’universel, qu’il serait naturel de partager.
Mah je trouve ce récit très beau,je pense que tu es heureuse de pouvoir le partager avec nous.Pour ma part ,je suis contente de partager ces petits moments virtuellement.On peut me parler d’enfants pendant des heures ,je ne m’ en lasse pas,défaut professionnel…..
Oh merci à toi Mah-Yu – je suis très émue par ton récit.
Et bienvenue à ce petit garçon au regard déjà si franc. Quelle belle entrée dans la vie tu lui as offerte.
Une belle histoire pour un beau bébé !
Quelle chance tu as, je te félicite (et je t’envie un peu) d’avoir pu aller au bout de ce que tu voulais pour ton accouchement.
J’ai 3 enfants et aucun accouchement comme le tien !
Merci à vous!
@Parvati: merci de ton passage, et de ton message (le premier ici je crois), c’est aussi un peu pour faire du prosélytisme que je le raconte, pour que les femmes qui ont encore des accouchements devant elles sachent que ce n’est pas du tout insurmontable, d’avoir ce que l’on veut.
Et hop, encore une larmichette… MERCI à toi Mah…
snif, le voilà le petit poussin ! bravo pour ton opiniatreté et ta conviction à vouloir l’accouchement que tu veux et félicitations !
@Ktl: merci de ton passage, et de ton message, ça fait plaisir de te voir passer par ici!
J’arrive après la bataille (hin hin hin) mais bienvenue au petit ange ! et ça fait toujours plaisir de lire un si beau témoignage.
Merci!
j’en ai les larmes aux yeux …
trés beau récit
merci à toi