Comment faire pour se démarquer, quand on arrive après 3 aînés à forte personalité, qui ont fait, chacun à leur façon, forte impression en arrivant?
C’est pas compliqué, il faut faire pire.
Ma fille aînée n’avait pas eu besoin de se fouler. Première exclusivité, elle n’avait qu’à se montrer pour marquer nos esprits. Sa cadette m’a offert l’accouchement physiologique dont je rêvais, et leur petit frère a fait encore mieux: je ne pensais sincèrement pas pouvoir aller plus loin dans l’appropriation de ce moment si particulier qu’est la mise au monde d’un enfant. La sérénité ressentie, à l’accueillir debout entre mes propres mains, reste un souvenir unique.
Alors quand le tome 4 a décidé de me mener, pour la première fois, tout au bout d’une grossesse, et que la veille de la date prévue, le col était toujours fermé, long, et postérieur (c’est à dire pas du tout disposé à laisser sortir un bébé, puisque pour cela le col doit descendre, se raccourcir, et s’ouvrir) et le bébé positionné de telle façon que sa tête n’appuyait même pas dessus (sur le col, je veux dire, vous me suivez? ce qui aurait eu pour effet de le faire mûrir. Car oui, ami camarade lecteur peut-être pas -ou pas encore- familier du monde merveilleux de la parturience, un col “mûrit”), je me suis dit qu’elle avait choisi sa façon de se faire remarquer.
C’était une chieuse.
C’était bien la peine que, dans l’impossibilité de retourner aux Bluets (j’en reparlerai), j’aie finalement opté pour un suivi global auprès d’une sage-femme libérale et planifié un accouchement au plus près de mes attentes, dans ce que Paris offre de plus proche du rêve inaccessible des maisons de naissance, pour que tout ça se termine en déclenchement sur col non favorable après dépassement de terme, et donc péridurale, voire césarienne pour finir.
le 23 août, donc, ce bébé était une chieuse, et je me voyais déjà gérer la rentrée des 3 aînés en même temps que les suites d’une césarienne, le tout quasiment toute seule puisque le papa reprenait le travail le 29 sans possibilité de s’arrêter à nouveau.
24h plus tard, la chieuse était là. Finalement, elle était juste ponctuelle.
Un truc que sa mère, spécialiste de la dernière minute, des délais respectés sur le fil, des deadlines légèrement malmenées, aurait du pouvoir anticiper…
Mais bon, même si la rapidité avec laquelle mon col de l’utérus est passé d’opercule fraîcheur hermétiquement clos à sortie d’autoroute bien dégagée derrière les oreilles est surprenante, ce n’est pas vraiment en cela que ma dernière fille aura marqué nos esprits…
Non.
Si vous avez lu les récits de mes précédents accouchements, vous savez que j’ai été à chaque fois frustrée de ne pas avoir pu profiter de la baignoire, le jour J.
Là où j’avais prévu d’accoucher cette fois, il y en avait de superbes (voir photo en tête de cette notule), et je me réjouissais d’y plonger pour soulager la douleur des dernières contractions.
Sauf que mercredi matin, après avoir pris mon temps pour réveiller l’Homme et préparer les enfants, il m’est apparu clairement que j’étais VRAIMENT en train d’accoucher, et que si j’attendais d’avoir rejoint ma sage-femme à la maternité, j’allais ENCORE louper mon bain.
Comme la sage-femme m’avait justement suggéré de prendre une douche avant de venir (histoire de voir si ça calmait les contractions), j’ai légèrement adapté la consigne, et j’ai pris un bain.
Rapide, hein. Mais…. si satisfaisant.
Et efficace.
Puisque j’ai rompu la poche des eaux en me relevant.
Et… this is where the party begins…
Le multipère, super-héros du jour, se souviendra sans doute toute sa vie de cette petite promenade dans Paris, avec sa femme ahanant toutes les trois minutes et lui assurant (je sais, c’est mal de mentir) le reste du temps que “tout va bien, je ne vais pas accoucher dans la voiture”.
Ce fut un festival d’infractions au code de la route, avec tous les poncifs du genre, y compris la camionnette de livraison qui bloque le passage alors qu’on est presque arrivé (et j’admire l’effort fourni par l’Homme pour faire dégager la voie sans se montrer grossier).
C’est là que la sage-femme a appelé, pour dire qu’elle nous attendait en salle de naissance, ce à quoi j’ai répondu que je préfèrerais qu’elle descende à notre rencontre.
A ce stade de l’histoire, normalement, ami camarade lecteur incrédule mais néanmoins perspicace , tu as compris ce que ma fille a fait pour marquer nos esprits.
Hein, que tu as compris?
Qu’elle n’était pas née dans ce joli cocon à la lumière tamisée dont la photo ouvre cette notule.
Que non seulement je n’étais pas entrée dans la clinique, mais que je n’étais même pas montée sur ce fauteuil roulant qu’avait apporté l’aide-soignante qui accompagnait ma sage femme.
Que finalement, je n’étais même pas descendue de la voiture, en fait.
Alors il ne me reste plus grand chose à raconter, à part ma gratitude envers ma sage-femme, qui ne m’a demandé que deux fois d’essayer de rejoindre le fauteuil, et n’a pas insisté pour me convaincre quand je lui ai dit que non, je n’irais pas.
Je ne la remercierai jamais assez de m’avoir fait confiance sans même m’avoir examinée, et d’avoir repoussé le fauteuil roulant et enfilé ses gants sans discuter.
J’étais en confiance, j’ai pu aller vérifier moi-même ce que j’avais ressenti, et me saisir de mon bébé qui, effectivement, arrivait.
A 10h15, ma fille était contre moi, dans la voiture familiale, sous le regard amusé de son père, et sans un seul instant de panique ou de gêne. Certes, on était dans la rue, mais en face de la sortie de garage de la caserne de pompiers – donc pas d’autres vis à vis que des camions vides- et protégée des regards par ma sage-femme, l’aide soignante, et mon homme. Sans oublier le fauteuil roulant, qui a fini par servir d’autre chose que de paravent, puisqu’il a bien fallu quitter la voiture, histoire de monter en salle de naissance enlever quelques vêtements et couper un certain cordon.
Pour achever cet accouchement idéal, j’ajouterai deux détails qui ne parleront qu’aux femmes qui ont déjà accouché: une délivrance spontanée, complète et sans douleur, avant même que le cordon ait été clampé, et pas l’ombre d’une retouche ensuite, puisqu’aucune déchirure à déplorer.
En passant de 3 à 4 enfants, nous avons du prendre la décision de nous séparer de notre Mégane Scenic, la première voiture que nous ayons acheté nous-mêmes. N’éprouvant aucune espèce d’attachement pour les voitures, je dois avouer que cela ne me fait ni chaud ni froid, et même que je me réjouis d’avoir bientôt un 7 places tout neuf, avec toutes les assurances et garanties qui limiteront, je l’espère, le gouffre financier que représente tout véhicule motorisé. Mais quand même, force est de constater que notre tank vert termine sa carrière en beauté!
Bien reçu titre du tome 4, qui pour le coup aura le bonheur de ne pas se retrouver chaque année avec trois autres gamines appelées comme elle dans sa classe ^^
Quelle entrée !!!
Bienvenue a cette belle petite…
Je me demande si elle vs réserve d’ autre surprises
bises a ts les 6
NB: tes accouchements me font rêver. Tu te doutes pourquoi
C’est magnifique, Mah ! Ton récit m’a donné les larmes aux yeux car il m’a rappelé mon troisième accouchement !
Encore toutes mes félicitations à toi et à toute ta “petite” famille !
17 commentaires
Comment faire pour se démarquer, quand on arrive après 3 aînés à forte personalité, qui ont fait, chacun à leur façon, forte impression en arrivant?
C’est pas compliqué, il faut faire pire.
Ma fille aînée n’avait pas eu besoin de se fouler. Première exclusivité, elle n’avait qu’à se montrer pour marquer nos esprits. Sa cadette m’a offert l’accouchement physiologique dont je rêvais, et leur petit frère a fait encore mieux: je ne pensais sincèrement pas pouvoir aller plus loin dans l’appropriation de ce moment si particulier qu’est la mise au monde d’un enfant. La sérénité ressentie, à l’accueillir debout entre mes propres mains, reste un souvenir unique.
Alors quand le tome 4 a décidé de me mener, pour la première fois, tout au bout d’une grossesse, et que la veille de la date prévue, le col était toujours fermé, long, et postérieur (c’est à dire pas du tout disposé à laisser sortir un bébé, puisque pour cela le col doit descendre, se raccourcir, et s’ouvrir) et le bébé positionné de telle façon que sa tête n’appuyait même pas dessus (sur le col, je veux dire, vous me suivez? ce qui aurait eu pour effet de le faire mûrir. Car oui, ami camarade lecteur peut-être pas -ou pas encore- familier du monde merveilleux de la parturience, un col “mûrit”), je me suis dit qu’elle avait choisi sa façon de se faire remarquer.
C’était une chieuse.
C’était bien la peine que, dans l’impossibilité de retourner aux Bluets (j’en reparlerai), j’aie finalement opté pour un suivi global auprès d’une sage-femme libérale et planifié un accouchement au plus près de mes attentes, dans ce que Paris offre de plus proche du rêve inaccessible des maisons de naissance, pour que tout ça se termine en déclenchement sur col non favorable après dépassement de terme, et donc péridurale, voire césarienne pour finir.
le 23 août, donc, ce bébé était une chieuse, et je me voyais déjà gérer la rentrée des 3 aînés en même temps que les suites d’une césarienne, le tout quasiment toute seule puisque le papa reprenait le travail le 29 sans possibilité de s’arrêter à nouveau.
24h plus tard, la chieuse était là. Finalement, elle était juste ponctuelle.
Un truc que sa mère, spécialiste de la dernière minute, des délais respectés sur le fil, des deadlines légèrement malmenées, aurait du pouvoir anticiper…
Mais bon, même si la rapidité avec laquelle mon col de l’utérus est passé d’opercule fraîcheur hermétiquement clos à sortie d’autoroute bien dégagée derrière les oreilles est surprenante, ce n’est pas vraiment en cela que ma dernière fille aura marqué nos esprits…
Non.
Si vous avez lu les récits de mes précédents accouchements, vous savez que j’ai été à chaque fois frustrée de ne pas avoir pu profiter de la baignoire, le jour J.
Là où j’avais prévu d’accoucher cette fois, il y en avait de superbes (voir photo en tête de cette notule), et je me réjouissais d’y plonger pour soulager la douleur des dernières contractions.
Sauf que mercredi matin, après avoir pris mon temps pour réveiller l’Homme et préparer les enfants, il m’est apparu clairement que j’étais VRAIMENT en train d’accoucher, et que si j’attendais d’avoir rejoint ma sage-femme à la maternité, j’allais ENCORE louper mon bain.
Comme la sage-femme m’avait justement suggéré de prendre une douche avant de venir (histoire de voir si ça calmait les contractions), j’ai légèrement adapté la consigne, et j’ai pris un bain.
Rapide, hein. Mais…. si satisfaisant.
Et efficace.
Puisque j’ai rompu la poche des eaux en me relevant.
Et… this is where the party begins…
Le multipère, super-héros du jour, se souviendra sans doute toute sa vie de cette petite promenade dans Paris, avec sa femme ahanant toutes les trois minutes et lui assurant (je sais, c’est mal de mentir) le reste du temps que “tout va bien, je ne vais pas accoucher dans la voiture”.
Ce fut un festival d’infractions au code de la route, avec tous les poncifs du genre, y compris la camionnette de livraison qui bloque le passage alors qu’on est presque arrivé (et j’admire l’effort fourni par l’Homme pour faire dégager la voie sans se montrer grossier).
C’est là que la sage-femme a appelé, pour dire qu’elle nous attendait en salle de naissance, ce à quoi j’ai répondu que je préfèrerais qu’elle descende à notre rencontre.
A ce stade de l’histoire, normalement, ami camarade lecteur incrédule mais néanmoins perspicace , tu as compris ce que ma fille a fait pour marquer nos esprits.
Hein, que tu as compris?
Qu’elle n’était pas née dans ce joli cocon à la lumière tamisée dont la photo ouvre cette notule.
Que non seulement je n’étais pas entrée dans la clinique, mais que je n’étais même pas montée sur ce fauteuil roulant qu’avait apporté l’aide-soignante qui accompagnait ma sage femme.
Que finalement, je n’étais même pas descendue de la voiture, en fait.
Alors il ne me reste plus grand chose à raconter, à part ma gratitude envers ma sage-femme, qui ne m’a demandé que deux fois d’essayer de rejoindre le fauteuil, et n’a pas insisté pour me convaincre quand je lui ai dit que non, je n’irais pas.
Je ne la remercierai jamais assez de m’avoir fait confiance sans même m’avoir examinée, et d’avoir repoussé le fauteuil roulant et enfilé ses gants sans discuter.
J’étais en confiance, j’ai pu aller vérifier moi-même ce que j’avais ressenti, et me saisir de mon bébé qui, effectivement, arrivait.
A 10h15, ma fille était contre moi, dans la voiture familiale, sous le regard amusé de son père, et sans un seul instant de panique ou de gêne. Certes, on était dans la rue, mais en face de la sortie de garage de la caserne de pompiers – donc pas d’autres vis à vis que des camions vides- et protégée des regards par ma sage-femme, l’aide soignante, et mon homme. Sans oublier le fauteuil roulant, qui a fini par servir d’autre chose que de paravent, puisqu’il a bien fallu quitter la voiture, histoire de monter en salle de naissance enlever quelques vêtements et couper un certain cordon.
Pour achever cet accouchement idéal, j’ajouterai deux détails qui ne parleront qu’aux femmes qui ont déjà accouché: une délivrance spontanée, complète et sans douleur, avant même que le cordon ait été clampé, et pas l’ombre d’une retouche ensuite, puisqu’aucune déchirure à déplorer.
En passant de 3 à 4 enfants, nous avons du prendre la décision de nous séparer de notre Mégane Scenic, la première voiture que nous ayons acheté nous-mêmes. N’éprouvant aucune espèce d’attachement pour les voitures, je dois avouer que cela ne me fait ni chaud ni froid, et même que je me réjouis d’avoir bientôt un 7 places tout neuf, avec toutes les assurances et garanties qui limiteront, je l’espère, le gouffre financier que représente tout véhicule motorisé. Mais quand même, force est de constater que notre tank vert termine sa carrière en beauté!
Au plaisir de vous lire,
Epique.
Bienvenue à mini-Mah a.k.a tome 4, dont j’espère apprendre ailleurs le prénom pour l’état civil, et plein de bises à sa maman.
J’allais dire “mini-Mah elledéchire” puisque même pas, jusque que j’aime déjà son originalité, et qu’elle est aussi jolie qu’attendue.
Bien reçu titre du tome 4, qui pour le coup aura le bonheur de ne pas se retrouver chaque année avec trois autres gamines appelées comme elle dans sa classe ^^
Je note également qu’à peine le tome 4 sorti de l’imprimerie, tu ressors tes talons hauts
))
Je n’ai pu m’empêcher d’utiliser le repas de Mini-Mah (ici : http://funambuline.blogspot.com/2011/08/vert.html ). J’espère qu’elle ne m’en voudras pas.
Quel épisode et je me suis fait la même réflexion d’Armalite pour les talons !
Bravo au papa et à son sang froid !
Bienvenue Mini tome 4, entrée fracassante !
Prends soin de toi jolie maman !
Félicitations à vous trois : ponctualité, efficacité, originalité…Quelle équipe!
Quelle entrée !!!
Bienvenue a cette belle petite…
Je me demande si elle vs réserve d’ autre surprises
bises a ts les 6
NB: tes accouchements me font rêver. Tu te doutes pourquoi
Bienvenue à la petite derniere!
(un accouchement de rêve, dis-moi!)
Bienvenue au tome 4!! Bisous
Félicitations. Récit merveilleux et émouvant.
C’est magnifique, Mah ! Ton récit m’a donné les larmes aux yeux car il m’a rappelé mon troisième accouchement !
Encore toutes mes félicitations à toi et à toute ta “petite” famille !
Merci à toutes!
je suis très heureuse de partager le récit de cet accouchement, qui fut vraiment un moment très chouette de ma vie
Félicitations Maman-Yu et bienvenue au nouveau bébé tout chaud
Bisous
PS: les chaussures sont presque aussi jolies que le bébé
le ton de la narration est à la hauteur du rocambolesque de l’arrivée de cette demoiselle. génial ! et féliciations !
Merci!