Terreurs Enfantines

Non, le titre de cette notule n’est pas un nouveau surnom que j’aurais donné à ma descendance.

Quoique ça aurait pu, rapport à leur comportement assez terrifiant (dans tous les sens que la langue française accepte de donner à cet adjectif) ces derniers temps.

Mais non, je ne vais pas vous parler de la nouvelle obsession de la Mimi Souris pour l’escalade de fenêtre (nous vivons au 4ème étage…), ni de son jeu préféré qui consiste à se jeter de la table basse, sans vérifier que la personne sur qui elle se jette est prête à la réceptionner.

Je ne vais pas non plus vous parler de la guerre des nerfs que me livre Zorro le Poussin, qui semble tester mes résistances physiques et psychologiques en se réveillant toujours quand ses  soeurs dorment enfin, et réclamant à manger (sans souffrir de délai) dès que je m’apprête moi même  à me nourrir.

Pas un mot non plus de la dérive tyrannique de la Princesse Chat qui, telle une ado rebelle de série américaine, renie père et mère de façon tonitruante dès qu’on s’oppose à l’une de ses volontés.

Non, je vous l’annonçais hier, pour la notule de ce soir, je me suis servie chez Hélène, pour un Tag que j’ai trouvé assez original, et plutôt en accord avec la tonalité générale de mon blog.

Surtout, j’ai bien rigolé en lisant ses réponses, et celles de ses lecteurs.

Ce Tag concerne donc les terreurs enfantines, il s’agit d’en lister quatre, et je me prête au jeu avec plaisir.

1) la chute dans l’ascenseur: non, je n’ai pas douze ans, je n’étais donc pas enfant quand la mode a fait la part belle, au journal de 20h, aux ascenseurs défectueux de résidences HLM avec images de cauchemar de portes s’ouvrant dans le vide, et de petits enfants s’y précipitant, promis à une mort certaine.

Cette terreur là, chez moi, n’a rien de rationnel puisqu’elle vient d’un ascenseur de modèle très ancien, dans l’immeuble où nous nous sommes installés quand j’avais cinq ans, et qui présentait un petit espace entre la cage grillagée et la cabine en bois.

Par cet espace, on pouvait voir le fond, et je mourais de peur d’y tomber (alors que c’était bien entendu physiquement impossible, puisque même si à 6 ans j’étais moins dodue qu’aujourd’hui, je n’ai jamais fait six centimètres d’épaisseur).

Je me réveillais parfois en sursaut et en sueur, en plein milieu de la nuit, après avoir rêvé de cette chute, et même en journée, je n’étais jamais rassurée au moment d’entrer dans l’ascenseur!

 2) les mouches, et dans une moindre mesure, les fourmis quand y’en a plein (voire d’autres insectes, s’ils “grouillent”): une ou deux mouches isolées, ça ne me plaît pas, certes, mais alors dès qu’elles sont plus de quatre, comme dans la chanson, et en particulier dans un espace fermé, je me sens physiquement mal, depuis toujours.

Je pensais que c’était une phobie, jusqu’à ce que je voie une vraie phobique des insectes confrontée à une guêpe.

Depuis, je dis juste que j’ai peur des mouches.

C’est ridicule, mais c’est la vérité, même mortes elles me stressent! (j’ai fini par enlever la photo en gros plan que j’avais mise pour illustrer ce paragraphe, c’est dire…)

Inutile de vous dire que personne, quand j’étais enfant, n’a jamais pris au sérieux cette peur, alors imaginez aujourd’hui, le nombre de “c’est pas la p’tite bête qui va manger la grosse” que j’essuie encore, de la part de personnes pourtant relativement sensées par ailleurs.

Comme si j’avais peur qu’elles me mangent (arg beurk beurk, rien que d’y penser ça me dégoûte)!

3)les échardes: cette terreur là ne m’est fort heureusement pas restée à l’âge adulte (quoique bizarrement, alors que j’ai presque toujours vécu sur du parquet, je n’en ai pas eu depuis l’enfance), elle était très stressante.

Pensant bien faire, mes parents m’avaient expliqué qu’il était important de retirer les échardes dans le pied (avec une aiguille chauffée à blanc, beurk) parce que sinon elles s’enfonçaient à l’intérieur du corps et (là je pense que c’est moi qui ai extrapolé à partir de mes maigres connaissances en physiologie humaine, parce que mes parents ne sont pas fous) qu’ELLES ENTRAIENT DANS LES VEINES POUR REMONTER JUSQU’AU COEUR!!!

J’étais donc toujours partagée entre la crainte de l’aiguille et la menace de la mort par transpercement cardiaque.

La plupart du temps, bien sûr, je choisissais l’aiguille, mais je me souviens d’une nuit blanche passée à attendre la mort, en pleurant sur le sort de mes pauvres parents qui me trouveraient peut-être inanimée le lendemain matin, et sur ma  faiblesse, de préférer ce risque horrible à une simple séance de triturage à l’aiguille, le tout en imaginant “en temps réel’” le trajet de l’écharde maléfique le long de mon réseau sanguin…

4) l’éternité: là, c’est du lourd… J’ai posé très tôt (3 ans) des questions sur la mort, et sur dieu (ma mère est croyante et nous a donné une éducation religieuse de base, assortie d’une solide culture dans les 3 grandes religions monothéistes).

Mes parents pensaient m’avoir rassurée en me disant qu’après la mort, on allait au Paradis pour l’éternité, mais moi cela m’avait plongée dans une peur panique, et je demandais sans arrêt qu’on m’explique l’éternité, espérant à chaque fois qu’on me dirait que ça se terminait un jour.

L’idée de quelque chose qui ne s’arrêtait jamais, pour moi, ça ressemblait plutôt à l’enfer.

Je me souviens d’avoir demandé plusieurs fois à ma mère si dieu  voudrait bien que mon paradis à moi ne dure pas pour toujours, c’était vraiment une obsession.

Il m’aura fallu attendre les alentours de mes 14 ans, époque où j’ai radicalement revu mon rapport à la foi, pour pouvoir ne serait-ce qu’ENTENDRE ou lire le mot “éternité” sans ressentir une gêne physique, et comme un trou profond se creusant dans mon estomac.

Jusqu’à cette époque, y penser une fois la soirée commencée était une garantie de nuit blanche (aujourd’hui ça va mieux, merci).

A votre tour, si vous le voulez bien, sur vos blogs ou en commentaires, de raconter ce qui vous a fait peur,

(pour info, la première terreur enfantine de la Princesse Chat est apparue il y a quelques semaines. Elle a peur…. des crabes!)

 Au plaisir de vous lire,

2 commentaires

  1. Publié le 2 août 2008 à 20:49 | Permalien

    Ah… mince… on ne pourra pas manger de tourteaux la semaine prochaine, alors ?… ;o)
    Terreurs enfantines… voyons…
    - les vers de terre : je faisais des cauchemars ou tout grouillait de lombrics, c’était atroce… ça a cessé le jour où on nous a fait disséquer des lombrics en cours de sciences nat… mais je continue à avoir horreur de ce qui grouille, et à être fortement dégoûtée par les asticots, scolopendres et autres choses du genre…
    - les brigands : je dormais contre le mur, alignant à mes côtés mes peluches, ma favorite près de moi et la moins chère au bord du lit : si un brigand était venu avec une hache pendant la nuit, c’est à coup sûr la peluche modérément appréciée qui aurait eu la tête tranchée… je devais lire trop de contes…
    - l’incendie : j’étalais ma robe de chambre sur le lit, l’ourlet le long du bord du drap sous mon menton : ainsi, si jamais un incendie se déclarait pendant la nuit, je l’attraperais automatiquement en me levant pour évacuer et n’aurais pas froid une fois dehors dans la rue…
    C’est tout ce dit je me souviens…
    Je vous dois combien, docteur ?…

  2. Mah-Yu
    Publié le 4 août 2008 à 22:15 | Permalien

    mouahaha les peluches, excellent! et quel pragmatisme!! le peignoir aussi j’adore!

    pour les tourteaux pas de problème, on lui mettra un dévédé pour détourner son attention!

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